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No Place to Hide – L’affaire Snowden par Greenwald

No Place To Hide BookJe viens de finir de lire ‘No Place to Hide’, un livre de Glenn Greenwald qui retrace l’épopée de Edward Snowden, le Whistle blower ou lanceur d’alertes qui est a l’origine des révélations de plusieurs programmes de surveillance de masse comme PRISM aux USA ou Tempora en Angleterre.
Greenwald, l’auteur de ce livre est le journaliste qui a travaillé avec Snowden afin de mettre en perspective les nombreux documents que l’ancien employé de la NSA et CIA a récupéré.
La première partie de ce livre est digne d’un roman de Tom Clancy: elle retrace la progression de Snowden au sein des services secrets américain, la facilité avec laquelle il a pu accéder et exporter ses informations classée top secret et enfin la fuite vers Hong-Kong puis la Russie. C’est clairement addictif et donne un exemple concret de l’espionnage moderne et du travail des services de renseignement aujourd’hui.
Le journaliste explique au passage les raisons qui ont poussé Snowden à agir, la difficulté de partager ses découvertes au grand public et l’importance des journaux/journalistes dans cette affaire.

La deuxième partie du livre est plus explicative sur les techniques de collecte d’information à grande échelle, les dangers de la surveillance et l’incapacité de nos démocraties/journalistes à demander des comptes aux gouvernements.
Le fond de cette partie est aussi passionnant que terrifiant: la démocratie demande des comptes et de la transparence aux dirigeants, elle offre aussi le respect de la vie privée à ces citoyens. Le point de Greenwald est qu’aujourd’hui la situation n’a jamais été aussi inversée.
Il note aussi que la surveillance des réseaux est nécessaire, mais elle doit être qualifiée et ciblée… ce qui est à l’opposé de la méthode actuelle ou les services secret se branchent sur les câbles sous-marins et espionnent tout ce qui y passe.
Je retiens que les commissions d’enquêtes ont révélés qu’aucune attaque anti-terroriste n’avait été empêchée grace a ce dispositif, et que le nombre d’américains qui meurent de terrorisme est équivalent à ceux qui meurent noyés dans leur baignoires. Ces pratiques, semble clairement disproportionnées.

L’élément à retenir, c’est que tout le monde est mouillé dans cette histoire: USA, Canada, Angleterre, Australie Nouvelle Zélande. La France procède de la même manière, mais nous ne sommes pas au courant. Le gène provient du poids des états-unis dans l’internet mondial. Il est probable que vos statuts Facebook soient dans une base de données des services secret américains.

Le plus inquiétant pour moi reste la manière dont les politiques et journalistes ont couvert cette affaire. On mesure une démocratie par la manière dont celle-ci traite ses adversaires. Dans le cas de Snowden, Manning, Assange ce n’est vraiment pas gagné.

Online Marketing, chamboulement des règles du Tracking des internautes

Je souhaite revenir sur ce qu’il se passe dans le domaine de l’analyse du comportement des internautes. En effet, il y a beaucoup d’activité sur ce sujet en ce moment: les pouvoirs publique souhaitent l’insertion de Cookies en Opt-in; Mozilla travaille sur une requête Do Not Track; Microsoft propose une fonction de blocage de serveur publicitaire sur IE9 et le W3C essaye de coordonner le tout.

Bref, le web est décidément entrain de prendre un virage important: Loppsi, Acta, utilisation mobile, neutralité et publicité; tout est entrain d’être remis à plat. Je vous propose donc de revenir sur ce qu’il se passe au niveau de la publicité en-ligne.

Avant de plonger dans ce (trop) long article, petit rappel, un Cookie (ou Témoin) est un fichier texte déposé sur l’ordinateur d’un internaute à travers un navigateur suite à la demande d’un serveur. Ce petit fichier est aujourd’hui indispensable à la navigation sur Internet. Il est utilisé pour vous identifier sur un site, composer un panier; mais aussi de savoir si vous êtes déjà venu sur un site et donc de cibler des publicités. Tout cela se fait de manière complètement cachée pour l’internaute: et c’est bien la qu’est le problème.

Un débat nécessaire ?

Je pense que mettre le débat sur le devant de la scène est bénéfique pour l’internaute: trop peu de gens savent ce qu’il se passe sur internet et n’ont, en général, aucune idée que leur comportement de navigation est analysé. Il est donc important de rendre tout cela plus transparent et accessible pour l’utilisateur.

Exemple: Quand un webmaster souhaite savoir le nombre de visites sur son site, il ajoute une solution Analytics à son site. Google Analytics fournit par défaut avec le code de tracking, une notification pour prévenir l’internaute. Cependant, je n’en ai jamais vu sur un site; ceux-ci retirent cette notification volontairement. Dans ce cas, c’est à la charge du webmaster de notifier l’internaute de l’utilisation d’une solution Analytics… Clairement personne ne le fait !

Aussi, tous les navigateurs moderne (Firefox, Chrome et IE9)  proposent la possibilité de naviguer en mode « Anonyme » (généralement appelé Porn Mode). C’est souvent un nouvel onglet qui n’enregistre aucun cookie ou historique de navigation.

Cette solution est bien souvent la plus simple lorsque vous voulez naviguer sans laisser de trace, comme pour acheter un cadeau, ou visiter des sites destinés aux adultes uniquement. Cependant, inconvénient majeur, ce mode n’est vraiment pas pratique pour une utilisation intensive ou quotidienne.

Le remarketing, la goutte de trop…

En effet, avec l’apparition du Remarketing (ou retargeting) le ciblage publicitaire à passé un cap important: il est maintenant possible pour un annonceur d’adapter le ciblage des publicités en fonction des produits que vous avez ajouté à un panier, ou juste  regardé sur un site auparavant. Le pionnier du marché en France et Critéo; mais Google propose une solution très efficace en combinant AdWords et AdSense.

Ainsi, lorsque vous vous baladez sur le net les jours suivants; l’annonceur peut vous re-proposer les produits que vous aviez ajouté dans votre panier. Tout cela en étant sur un site qui n’as rien à voir. Google et Critéo offrent tous la possibilité de ne plus avoir ce type de pub; mais cela reste tout de même intrusif  et peut générer quelques surprise lorsqu’une autre personne (votre époux) utilise votre ordinateur et ne vois que de la pub pour des sextoys ou le cadeau dont il a tant rêvé pour son anniversaire.

La problématique est plus de trouver un consensus autour du ‘Do Not Track’…

One striking observation for most of these technologies is the relative simplicity of the technical approach, and the complexity of defining what the real meaning of « Do Not Track » is, on a global Internet.

En effet, comme l’explique le W3C, Worldwide Web Consortium, le sujet implique de nombreux acteurs de l’écosystème du Web: Vendeurs, propriétaires de sites web, défenseur de la vie privée et ceux qui utilisent le suivi des utilisateurs pour fournir leur services. Ainsi, trouver l’équilibre ne sera pas facile : une réglementation trop stricte pourrait impacter tout un écosystème, qui vis principalement grâce à la publicité; et une réglementation trop laxiste laisserai le champ libre aux débordements.

Je pense sincèrement que Mozilla sera une pièce maitre dans ce jeu. C’est en effet le seul navigateur à être (relativement) plus autonome que les autres. IE9 est passé d’un filtrage automatique à une activation manuelle; et il est peu probable que Chrome aille plus loin qu’une extension Do Not Track. Comme Chrome a poussé ses concurrents à plus de vitesse, Firefox peut rendre le tracking plus transparent en informant l’utilisateur des méthodes utilisées sur le site, et proposant des options adaptées (blocage complet ou partiel).

Quel impacte pour la publicité ?

Évidemment, tout dépendra des actions prises par les différents acteurs du débat. Il reste évidant que cela amènera plus de complexité dans les méthodes de tracking et il est probable que cela ne bénéficie pas à l’internaute. En effet, plus les réglementations seront strictes, plus les différents acteurs chercheront à les contourner.

Aussi, beaucoup d’agences innovantes ne peuvent utiliser que cette technologie. En effet, Google et autres géants du web ont d’autres solutions : des sites web important sur lesquels ils peuvent utiliser d’autres paramètres comme les requêtes de recherche, les informations volontairement rentrés sur les profils; et ainsi, proposer des publicités adaptées.

Il sera donc beaucoup plus dur pour les intermédiaires (petite régies, ou plateformes d’affiliation) de se positionner et résister. Ainsi c’est les gros acteurs qui sortiront leur épingle du jeu.

Google Wave, Première conlusion de 3 semaines d’essai

Apres trois bonne semaines d’activité sociale avec Google Wave, il est intéressant d’en faire un premier point. Pour rappel, Google Wave est un service du géant du web qui se base sur la problématique suivante : Si un outil de communication comme l’email devait être inventé aujourd’hui, à quoi ressemblerait-il ?

Un super outil de travail de groupe

J’ai été invité à par Stanislas Jourdan de TetedeQuenelle à commenter l’élaboration de son questionnaire sur les Médias d’informations et Internet. Première bonne surprise, la fonction Playback : Au moment, ou j’ai rejoins la conversation, il y avait déjà une cinquantaine de messages.

Wave-Playback-function Cette fonction, permet de reprendre la discussion de manière chronologique : un avantage énorme afin d’en comprendre le fil.

C’est comme pour un film, avec une avance par chapitres. Les mots surlignés en couleurs indique que l’auteur a effectué une modification.

Il est aussi possible qu’une personne tierce effectue des modifications au sein d’un message.

J’ai donc réussi à prendre part à cette discussion, à différents endroits, en réponse à quelqu’un, ou pour compléter un propos. Cela est assez magique et intuitif. Etant de retour dans mon école de commerce depuis peu, j’ai vraiment envie de partager cet outil pour un travail de groupe. J’attends donc la possibilité d’inviter mes amis (donc non je n’ai pas d’invites).

Un piètre outil de messagerie instantanée

En plus de remplacer l’email, cette solution est aussi sensé remplacer l’outil de messagerie instantanée. A ce niveau ont est très très loin d’un Messenger Live, ou même de la messagerie de Facebook; c’est dire. Plusieurs problèmes sont à résoudre :

  • Premièrement la touche entrée n’envoie pas le message, mais effectue un simple retour à la ligne. Cela rend l’outil anti-productif.
  • De plus, il faut obligatoirement cliquer sur le message pour y répondre, ce qui est très irritant.
  • Enfin, le fait de voir le correspondant taper en live, pousse à répondre en plein milieu de la phrase. La discussion est donc déconstruite et non chronologique, ce qui complique tout.

Au bout de quelques minutes, mon correspondant m’as demandé de repasser sur Gtalk… c’est dire ! 🙂

Un Google toujours plus intrusif ?

Je n’irai pas a faire un plaidoyer contre Google Wave, mais le point de Laurent Bourrelly est pertinent : il est maintenant quasiment impossible de ne pas passer par Google sur le Net. Gmail, Maps, Reader, Picaza, Youtube et évidemment le moteur de recherche. Plus l’entreprise grossie, plus son omniprésence devient un véritable handicape pour elle même et l’internaute.

En proposant un service pour remplacer l’email, la messagerie instantané, les commentaires de blogs, les forums; il est légitime de soulever la question de la vie privée. Dans le cas d’une adoption massive, Google aurait entre ses mains la quasi totalité de l’UGC (User Generated Content). Maintenant que Google indexe par défaut les documents publiés dans Google Docs, il est possible que certaines wave soient indexées dans le futur. L’intérêt est évidant en terme de référencement, mais cela soulève un véritable problème éthique dans la mesure ou nous pourrons participer à tous types de Wave, sur différents supports.

Première conclusion :

Comme souvent chez Google, la qualité du service présenté en Béta est bluffante : c’est beau, bien fait et simple. Cependant, nous n’avons pas encore accès à la partie qui selon moi sera la plus intéressante : l’intégration sur les sites. Google Wave pourrait devenir l’outil idéale pour centraliser son activité sociale sur le web : discussion sur les blogs, forums ou même réseaux sociaux; tout serait centralisé sur une seule interface.

Je suis donc impatient de voir le potentiel de Google Wave, une fois intégré sur les sites ou blogs. C’est pour moi le réel intérêt de la solution. Cependant, je garde deux points en suspend :

  1. La gestion de la vie privée : qui à accès à quoi et quels usages seront fait de toutes les données collectés.
  2. Le référencement : Les moteurs de recherches auront ils accès au contenu publié sur les Waves ?

Et vous vous en avez pensez quoi ? Vous voyez d’autres problématiques ?

Mise à jour suite au commentaire de Damien : Google proposerai d’utiliser Wave sur des serveurs privés, pour un usage en entreprise par exemple. Ainsi Google n’hébergerai pas les données -ce qui règle la question de la confidentialité- C’est une première pour Google, cela permettrai de développer ce service comme un véritable protocole (comme l’email par exemple).