Quels prochains mouvements pour Facebook?

Facebook est côté au NASDAQ:FB depuis le 18 mai 2012. Plutôt que de me concentrer sur les premiers émois de la jeune société côté, il est pertinent de se demander s’il est intéressant d’investir sur du moyen/long terme sur cette valeur. Je vous invite à lire l’article de Cédric Deniaud qui résume bien l’introduction en bourse. Je me permets de compléter quelques points à mes yeux:

Un fondateur passionné et passionnant

Clairement avec Mark Zuckerbeg, le jeune fondateur et toujours PDG de l’entreprise est un visionnaire. A 28 ans, il a réussi à créer et mettre en bourse l’une des entreprises les plus ‘Hypes’ des nouvelles technologies. Il est surtout toujours aux commandes de sa boite, et n’y compte pas en sortir de si tôt. Personnellement, je pense que c’est un hybride de Steve Jobs (pour la qualité du produit et la détermination) et du couple Larry & Sergey (fondateurs de Google) pour la capacité à savoir s’entourer des meilleurs.

Ayant la chance de vivre l’expérience Google de l’intérieur, je me rends compte à quel point la vision des fondateurs est importante pour la pérennité de l’entreprise, dans un univers ou rien n’est certain. Zuck (pour les intimes) est l’un des visionnaires du Web Social.

Je pense que le fondateur tient sincèrement au succès de son entreprise comme à l’intérêt de son produit pour le monde entier. C’est un élément non négligeable, que je rapproche de l’importance du moteur de recherche pour Google. Cela qui permet de croire au succès à long terme de Facebook.

L’open Graph, ce n’est que le début

L’Open Graph permet de bénéficier des fonctionnalités de Facebook sur n’importe quel site utilisant ce protocole développé par Facebook. Au début, l’idée était un peu trouble et il était difficile de comprendre l’intérêt qu’une entreprise y trouverait. Les entreprises réalisent doucement que cet Open Graph devient incontournable pour communiquer facilement avec leurs clients. La Redoute propose l’intégration du Chat Facebook au sein même de leur site. Il est difficile aujourd’hui de trouver une page internet n’utilisant cet OpenGraph: les différents modules de commentaires et ‘Likes’ utilisent tous ce protocole.

Cela donne à Facebook une énorme longueur d’avance. Google n’a pas encore lancé de protocole capable de concurrencer l’Open Graph. Je ne connais pas aujourd’hui de concurrent sérieux, c’est donc tout bénef pour Facebook qui continue d’étendre son emprise.

La difficile monétisation du mobile, une sortie à la Google?

Facebook le reconnait lui-même: la monétisation de l’utilisation mobile est difficile. Déjà que c’est difficile sur les ordinateurs de bureau, alors sur un écran de quelques pouces; c’est encore moins gagné. Le hic, c’est que l’utilisation mobile sera bientôt la plus importante pour le monde entier. Gros warning de ce côté dans la mesure où l’entreprise n’a pas d’autres sources de revenu évidentes.

Nous pouvons cependant à nous attendre à un mouvement au niveau des systèmes d’exploitation mobile. La mise en place du Market Place est une première étape. Je pense qu’une version adaptée d’Android reste possible, un peu comme Amazon l’as fait avec son Kindle Fire. L’idée serait de forcer l’utilisation des app Facebook: Facebook Camera & Facebook email, Facebook Chat etc. Le service se positionnera ainsi en concurrence directe avec Google (qui fait la même chose).

Les nouvelles sources de revenu

- L’application store de Facebook: tout nouveau, tout beau cela va devenir très intéressant dans les prochains mois. C’est un bon moyen pour Facebook d’intégrer et de contrôler les applications sociales. C’est aussi un moyen de les vendre et donc de prendre une commission.

- Un système de CPA (cout par action) facturés aux marques pour la réalisation d’objectifs à travers l’Open Graph de Facebook. Cela peut être un Fan de plus, la vente d’un produit, l’inscription à une newsletter etc. Reste à Facebook l’intégration de ces éléments dans l’univers de l’utilisateur… pas facile, facile.

- La mise en place d’un système de paiement made-in-Facebook. Cela est peu probable, car très difficile à mettre en place. Cependant, c’est un business phénoménal avec une grosse marge à prendre. C’est aussi un bon moyen pour Facebook de fermer la boucle et de garder l’utilisateur complètement.

- Un concurrent d’AdSense: Notamment grâce à l’Open Graph Facebook à toutes les cartes en main pour diffuser de la publicité directement sur les pages des sites. Cela positionnerait l’entreprise en concurrence directe avec Google AdSense. L’intérêt pour les annonceurs ? La possibilité d’utiliser les fonctionnalités avancées de ciblage démographique offertes par Facebook, mais en dehors du réseau social, potentiellement tous les sites utilisant ce même Open Graph. Je pense que c’est là que Facebook peut trouver un relai de croissance important. Les publicités sur Facebook même sont limitées mais le ciblage démographique est clé sur du Display et Facebook pourrait faire très mal dans ce domaine.

- Un nouveau navigateur ? La rumeur d’un rachat d’Opéra court, cependant, je n’y crois pas. Je ne pense pas que Facebook ait les ressources nécessaires. A quoi bon dans la mesure où Chrome mène la danse en terme de vitesse (ce dont Facebook est aussi dépendant que Google). Un navigateur n’a pas de composante sociale, contrairement au mobile, à la photo, la vidéo etc.

Donc, j’achète ou j’achète pas ?

Je pense que l’entreprise est ici pour durer. Comme Google, le fondateur gère sa boite intelligemment et sait s’entourer des meilleurs. Cela garanti des choses intéressantes pour le futur. La boite à aussi des beaux projets à venir, et continuera à nous surprendre en bien : plus d’ouvertures, de revenus diversifiés.

Cependant, je pense que l’introduction en bourse s’est faite trop tôt. Je serai aussi prêt à parier que Zuck voulait encore attendre. En effet, le business modèle de l’entreprise n’est toujours pas évidant et la stratégie non plus. Quel est l’objectif de Facebook ? C’est quoi son avantage compétitif ?

Imaginons que Google+ ou autre cartonne soudainement et que tout le monde délaisse le réseau ! Comment Facebook pourrait rebondir ? Google à maintenant beaucoup de cordes à son arc, si le moteur de recherche venait à disparaitre.

Perso j’achète et j’attends les premiers résultats et bilans afin de bien comprendre comment l’entreprise génère de l’argent, et quels sont ses relais. Si c’est rassurant j’achète encore et j’attends car, rien que pour le Display, ca peut être énorme et efficace. Même si c’est du long terme parce que cela ne se fera pas en un an.

Et vous ? Vous en pensez quoi ?

2 ans de support client: les pièges à éviter pour AdWords

Voici deux ans que je travaille dans l’équipe support d’AdWords chez Google.
Etre au contact des problèmes client quotidiennement me permet de partager avec vous les erreurs typiques à ne pas commettre, lorsque vous utilisez des produits Google, ou faites appel à des prestataires.

Pour les débutants avec AdWords, voici donc les principales leçons à retenir, par fréquences des problèmes rencontrés:

1. Les accès aux comptes sont stratégiques

Votre compte Google est la clé d’accès à tous vos services: AdSense, AdWords, Gmail, Docs, Webmaster Tools etc etc…

Des milliers de comptes sont hijackés tous les jours, il est donc capital de bien se protéger, de ne jamais donner son mot de passe. Google ne vous demandera jamais votre mot de passe, ni par email, ni par téléphone, ni par quoi que ce soit et cela s’applique pour l’ensemble des services en ligne. Même si vous passez par une agence, un cousin, votre fils vous ne devez pas partager vos identifiants. Il est possible de créer des identifiants pour plusieurs utilisateurs.

Aussi, si vous faites appel à un prestataire, pensez à demander un accès (administrateur) au compte créé. Les vrai pros ne doivent rien cacher: si le travail est bon, le client doit pouvoir le constater. Il est important d’engager la conversation avec votre prestataire sur ce sujet, cela amènera forcément plus de transparence.

Vous éviterez aussi les complications si jamais l’un des administrateurs n’est pas/plus disponible. Souvenez vous que les modifications d’accès et des modes de paiement doivent être faites par un administrateur.

2. Un compte Analytics et AdWords par site

Il est effarant de voir le nombre d’agence ayant tout leurs client dans un même compte AdWords/Google. Il arrive fréquemment que des comptes AdWords soient suspendus car ils ne respectent pas la réglementation d’AdWords. La suspension est généralement appliquée au niveau du compte, donc, l’ensemble des clients n’a plus de trafic du jour au lendemain.

Aussi, pour de nombreuses raisons techniques, il est préférable d’avoir un compte AdWords par site. La même logique s’applique pour les comptes Analytics. Techniquement, le système à plus de facilité pour séparer les données si elles sont sur des comptes différents.

Autant ne pas mettre tous les oeufs ans le même panier et créer un compte AdWords ou Analytics par site. Cela évite les complications techniques et les mauvaises surprises.

3. Connaitre les réglementations de Google

Les suspensions de comptes ne sont jamais des bonnes nouvelles: c’est une perte de revenus pour Google comme pour l’annonceur. Google propose de nombreuses ressources sur ses réglementations & annonce ces changements de différentes manières.

Premièrement, des avertissements sont régulièrement envoyés sur les adresses emails indiquées dans les préférences de votre compte AdWords: lisez les! Malgré des objets plutôt explicites, les clients ne sont jamais au courant (et donc toujours énervés), en fait ils les reçoivent mais n’y prêtent pas d’attention. Ensuite, de nombreuses annonces sont faites directement dans le compte AdWords, ou à travers les blogs officiels.

4. Se méfier des ‘bonnes’ pratiques & autres rumeurs

L’internet regorge de conseils et rumeurs glanées ici et la sur tous les sujets. Il est important de comprendre que chaque compte AdWords est aussi unique que les pages de résultats (SERP) de Google. Ainsi une stratégie qui fonctionne pour un compte, n’aura pas forcément le même succès pour un autre.

Le score de qualité (quality score), spécifique à un compte, a une influence énorme sur la manière dont les annonces seront diffusées. Ainsi les enchères, la structure du compte et l’historique ne peuvent pas être comparées d’un compte à un autre.

Aussi, vous verrez régulièrement des articles sur les blogs/forums à propos de clients mécontents, car ils ne peuvent plus utiliser les services Google. Ici, je tiens à être clair: plus les gens sont énervés, plus ils sont mal honnêtes. Un site ayant une véritable valeur ajoutée ne sera jamais suspendu. Cependant, certains domaines sont des nids à ennuis: la voyance, la finance, le travail à la maison etc. sont souvent des charlatans.

Google ne prends pas de gants pour ces sites, mais c’est pour le bien des clients.

5. La structure de votre compte est la clé

La structure du compte AdWords est souvent négligée par les débutants. C’est à dire l’organisation des campagnes, groupes d’annonces, mots clés et annonces entre eux. A long terme, cela est le facteur le plus déterminant dans votre ROI ou retour sur investissement.

La raison est simple, une bonne structure amène un bon niveau de qualité (Quality Score), et donc une faible enchère au niveau des mots clés. Plus le QS est élevé, meilleur sera votre ROI. Donc construisez votre campagne en l’organisant. La bonne pratique est souvent de se calquer sur la structure de votre site, en se concentrant sur les produits et services.

6. Connaitre les options de support

Google propose différents types de support pour différent types de client. Je sais que la première question est souvent ‘est-ce que je peux avoir un responsable de compte dédié’. Google offre ce type de support pour les clients ayant un fort potentiel de développement et cela dure en général pour un trimestre.

Pour la plupart des clients, le service client est largement suffisant et performant. Pour les produits payants vous aurez souvent un support téléphonique, les autres produits offrent quasiment tous un support par email.

Pour AdWords, je vous recommande de passer un coup de fil au support client dès que vous avez un doute, ou besoin d’aide.

Le Management à la Google

Désolé pour ces trois mois de silence, mais l’emploi du temps a été plutôt chargé dernièrement : combiner examen, boulot et vie sociale n’est pas une mince affaire. Je profite de l’accalmie de l’été pour vider le frigo, et publier les quelques articles en réserve.

Après un premier billet sur l‘immersion chez Google et (déjà) quatre mois passé chez Google, je pense intéressant de partager avec vous un élément important et caractéristique de la vie en entreprise : le management.

Il faut avant tout comprendre le contexte dans lequel Google évolue : en 12 ans, Google est passé d’une  petite entreprise de la Silicon Valley, à un géant de l’internet de 23 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2009. Ainsi, aujourd’hui Google possède plus de 60 bureaux dans 20 pays, pour un total de 20 164 employés (déc. 2009) dont un tiers en dehors des US. C’est aussi 3000 CV reçus par jours, soit un peu plus d’un million par an; en moyenne un rachat d’entreprise par mois.

Autant dire qu’il faut du monde pour gérer tout ces petits chiffres, surtout que l’entreprise souhaite garder un esprit de start-up.

Déléguer pour garder le savoir en bas de la pyramide

La hiérarchie à Google est plutôt plate : par exemple il n’y a « que » 8 niveaux entre un employé fraichement embauché en Ads Operations à Dublin et Eric Schmidt le P.D-G de Google à Mountain View en Californie. Cela n’est donc pas énorme : si je monte d’un grade tout les 3 ans, je serai à la place d’Eric pour mes 50 ans, c’est pas mal hein ! :)

Google est une entreprise qui reste très scolaire, par exemple chez les employés qui fournissent du support client (AdOps) sont notés sur la productivité et sur la qualité. Plus l’employé à de bonnes notes, plus l’employé sera récompensé et reconnu. Les employés étant souvent des jeunes diplômés, ce système fonctionne bien et permet de comprendre rapidement comment l’employé se positionne par rapport au reste de l’entreprise. Cela n’est pas unique à Google, d’autres entreprises dans l’audit ou le consulting appliquent les mêmes méthodes.

Cependant, ce qui est plus unique à Google c’est que les évaluations sont faites par des collègues et non des supérieurs hiérarchique. On parle alors de Peer Management (Management par les tiers). Concrètement, une personne vas être reconnu par l’équipe comme ayant les compétences et l’expérience dans un domaine précis. Ainsi cette personne aura la responsabilité d’accompagner et évaluer ses collègues.

Évidemment, ce genre de management doit être formalisé : il est possible de suivre des formations sur la manière de donner du feedback. Il est aussi recommandé de compléter ses connaissances sur le domaine à évaluer. L’évaluateur est lui-même évalué par une autre personne, d’une autre équipe, qui pratique ce rôle depuis plus longtemps.

Cette méthode à deux avantages majeurs : Premièrement, en plus de libérer l’emploi du temps du manager, cela rend la note obtenu en fin de période crédible dans la mesure ou elle est donnée par un spécialiste du domaine, et non par le boss, qui n’a pas forcément le temps ou les connaissances techniques pour effectuer cette tache. Ensuite, cela permet de garder le savoir technique au bas de la hiérarchie, dans la mesure où les évaluateurs (et donc spécialistes) ont le même niveau hiérarchique que l’évalué.

Le rôle d’un manager chez Google

Le manager est au niveau interne est appelé et défini comme un « Team Leader ». Sa mission est de faire progresser et mettre en valeur le travail effectué par son équipe. Ainsi, le meilleur moyen de juger un manager est de savoir combien de ses ‘managés’ ont été promus. En effet, son travail consiste à vérifier régulièrement si l’employé progresse bien, respecte ses objectifs, est heureux dans l’équipe. Le micro-management est donc très faible. Par exemple, je fais juste un point, une fois par semaine avec mon team lead afin de voir comment je progresse par rapport à l’équipe; et quels sont les projets qui pourraient me convenir prochainement. Enfin, je suppose que comme dans d’autres entreprises, il a aussi un rôle important de centralisation et partage de l’information au niveau supérieure.

Il gère aussi la répartition des projets, qui influe directement sur le partage de la charge de travail. En effet, l’emploi du temps de chacun est divisé en pourcentage, avec une partie principale (chez AdOps répondre aux clients et évaluer les annonces AdWords) et une partie Projets qui regroupe le reste des taches de support (comme évaluer la qualité ou s’occuper des campagnes AdWords de Google Analytics). Plus l’employé est compétant dans son travail, plus le nombre et l’importance des projets sera forte. Les projets sont attribués en fonction des besoins et de l’expérience pour un nombre de trimestres précis, en accord avec l’employé. Il est donc tout à fait possible d’orienter sa carrière vers un type de projets afin de se spécialiser sur un domaine précis, pour plus tard postuler à une autre équipe/fonction.

Un environnement de travail  idéal pour plus de productivité

L’entreprise est connue pour la générosité de ses avantages qui ont pour objectifs (selon E. Schmidt) de « retirer tous les obstacles qui sont dans le passage des employés de l’entreprise » de la nourriture gratuite au coiffeur. Cela est en effet la réalité, cependant d’autres entreprises proposent ce genre de services comme Microsoft ou Facebook.

Pour l’anecdote, en arrivant chez Google, l’une des premières étapes de l’intégration est d’aller chercher son PC portable. L’ordinateur est complètement classique, mais un élément à retenu mon attention : dans le sac-a-dos pour protéger celui-ci j’ai eu la surprise de trouver un magnifique casque Sennheiser. Autant vous dire que, pour un jeune, bosser en écoutant sa musique est un luxe total. Je me souviens d’entreprise ou les plus expérimentés m’ont regardés de travers parce-que j’avais mon iPod posé sur mon bureau, avec une (même pas deux) oreillette en place. Aussi, Google n’as pas de problème à ce que l’employé ne soit pas à son bureau : il m’arrive souvent de bosser assis sur un canapé de l’Atrium. Ainsi, je peux être productif tout en étant sur un canapé en écoutant ma musique et, après analyse, ce n’est que la juste contrepartie de la création de l’Open Space. Ces conditions sont en fait idéales pour se couper du bruit ambiant et des nombreuses interruptions et ainsi, mieux se concentrer.

Aussi, dans le même esprit, l’équipement informatique est une commodité. Ainsi, nous avons chacun une station de docking reliée à un magnifique écran. Il est tout à fait possible d’en demander d’autres ou aussi de demander un clavier ou une souris ergonomique ainsi que tout les accessoires permettant de bien s’installer. La philosophie est qu’un employé travaillant dans de bonnes conditions est un employé productif.

Je vous propose de terminer ce long billet sur cette vidéo qui correspond parfaitement au sujet :

Plus d’infos : ‘Tips for Nooglers Engineers’ par Piaw et ‘Le Management de Google,  moteur de son innovation’ par LaCroix.com

Immersion chez Google – Semaine 1

Comme vous le savez peut-être déjà, je suis chez Google depuis le 29 mars ou je bosse en tant que « Online Sales and Operations Account Manager ». Pour faire simple, il s’agit de fournir du support et conseils auprès de petits et moyens comptes pour Adwords. Le poste est un CDI basé au siège Europe de Google à Dublin. Je profite de mon blog pour partager avec vous mes premières impression sur cette (courte) semaine d’intégration.

L’environnement de travail

Google Entrance (c) Pedro Miguel MarzagaoLes bureaux sont situés dans le sud-est du centre de Dublin, à environ 20 minutes de marche du Temple Bar. Tout est fait pour que l’ambiance de travail soit plutôt relaxe et agréable à vivre : nourriture gratuite à tous les étages, deux cafétérias plutôt haut de gamme avec bar à sushis (entre autres), pleins de petit coins relax pour s’isoler. En fait, le truc vraiment agréable, c’est le fait que Google reconnaisse que l’open space c’est pas forcément très fun, et donc offre la possibilité de s’isoler; tant en fournissant un casque pour écouter de la musique, qu’en allant bosser assis sur un canapé.

Nous avons aussi accès à des salles de jeux, billards, babyfoot, cabines téléphonique pour appeler partout dans le monde (même sur les portables) etc etc. Pleins de petits trucs qui rendent la vie à Google plutôt sympa.

Je suis arrivé en même temps qu’une trentaine d’autre nouveaux Googlers, ici appelé « Nooglers », des quatre coins du continent. Comme je l’ai souvent entendu ici : « tes premiers mois en tant que Noogler, c’est comme un échange Erasmus, sauf que en plus, tu es payé ». J’ai en effet, maintenant un emploi du temps plutôt chargé en formation sur les différents produits. La journée ressemble donc à : petit dej (chez Google, oui ils font aussi les petits dej), formations toute la journée, et puis vers 6h30 sortie pour prendre un pot. Un vrai Eramus, je vous disais !

The Google Way, une impressionnante culture d’entreprise

Au bout d’une semaine d’intégration, on comprend vraiment que Google est un peu comme une grande famille. Tout ce qu’on fait est par défaut accessible à toute l’entreprise : objectifs personnels, documents, profils etc. L’entreprise comprend aussi une foultitude de projets géré par les employés, du cours de Taekwondo à la mission humanitaire. Les process sont apparemment les mêmes dans chaque pays. Même organisation des équipes, bâtiments etc… un employé peut en théorie accéder à tous les bureaux de Google avec son badge : Ain’t it cool ? Free Food all over the world.

L’un des élément les plus frappant en arrivant chez Google, c’est le fait que l’ensemble des logiciels utilisé par le grand public, est aussi utilisé en interne. Ou l’inverse : le publique utilise des services à la base conçus pour répondre à un besoin interne. Ainsi, nous utilisons, avec leurs avantages comme leurs inconvénients Gmail, Calendar, Groupes, Sites etc. Du coté des avantages, rien n’est vraiment installé sur les machines, il est donc possible d’avoir un PC, comme un Mac, ou même GNU-Linux. Étant un aficionados de Gmail, c’est un véritable plaisir d’utiliser Gmail comme messagerie principale. Je ne connais pas beaucoup d’entreprises utilisant Google Aps, c’est pourtant une véritable libération de mettre Outlook à la poubelle.

L’intégration permet aussi de comprendre un peu plus la stratégie de Google. Si Google propose autant de services variés, notamment aux USA, c’est en fait pour faire pousser l’arbre sur lequel il est assis. Par exemple, en lançant Google Chrome (le navigateur) l’objectif n’est pas de prendre des parts de marchés à Microsoft (ou même Mozilla) mais bien de redéfinir les priorités de développement. Google à besoin que les pages s’affichent plus vite pour que ses nombreux services en ligne fonctionnent et, étrangement, l’argument clé de chrome c’est la rapidité. En conséquence, aujourd’hui, tous les navigateurs se battent pour afficher les pages le plus vite possible, et donc Google a réussi son coup, même si chrome stagne à 1% de pdm.

Si vous y réfléchissez bien, l’objectif d’Android c’est bien que les OS mobiles proposent un navigateur ouvert, plus que de concurrencer Google. Pareille pour la fourniture d’accès à internet ou l’électricité etc etc. Plus le gâteau de l’internet sera grand, plus la part de Google sera large. L’objectif est donc bien de donner accès aux web à un maximum de personne sur la planète, qui probablement consommeront des services Google.

Quel Google face aux Médias Sociaux

La question de mon collègue était la suivante: « Est ce que les réseaux sociaux vont concurrencer Google en terme de recherche d’informations? » Ma première réponse était négative : L’utilisation des réseaux sociaux est principalement sociale, c’est à dire pour partager des informations personnelles avec ses amis. De son coté, Google permet de chercher l’adresse d’une page web ayant la réponse à notre requête. Donc a priori, pas de raisons de se concurrencer.

Logo Outils GoogleCependant, après quelques minutes de discussion je suis vite revenu sur ma réponse. Il est évident que de chaque coté, les frontières ont bien évolué. Prenons l’exemple de Facebook, dont l’usage change tous les jours. Les possibilités de microblogging, d’identification, de partage de photos et vidéos se sont ajoutées à la simple création de profil. De l’autre coté Google fournit maintenant bien plus que des liens de pages web: l’arrivée de l’universal search élargit les résultats aux blogs, news, photos, vidéos et Google ne cesse d’ajouter de nouvelles fonctionnalités aux services déjà présents.

Le ‘Web 2.0′ a rendu la parole aux internautes, chacun est maintenant libre de faire son journaliste (avec un blog) de commenter ou voter pour des liens/tweets, de donner des avis sur des produits (dans les forums), ou sur le coiffeur du coin. Il serait donc absurde, lors d’une recherche d’information, d’ignorer tout le contenu créé par cette activité sociale, ou l’UGC (User Generated Content) en général.

Prenons un exemple: je recherche un restaurant sympa à Lille. Naturellement j’ai tendance à demander à mon entourage, puis naturellement aller faire un tour sur internet. Il serait génial de pouvoir taper par exemple « restaurant Lille » dans Google et d’avoir toute une partie Sociale dans les résultats incluant les avis laissés par mes amis qui parlent de restaurants. Par exemple les statuts Facebook et Twitter, ainsi qu’une partie des blogs parlant du sujet… Il existe déjà une extension Firefox qui le permet WebMynd.

La multiplication des différent services de réseaux sociaux amène de nouveaux besoin pour les entreprises et les utilisateurs : Le premier étant la centralisation et gestion de tous ces services: flux RSS/tweets/statuts/tag de photos/notifications… Nous sommes passés d’un monde de recherche d’informations, à celui de surinformation. Il est donc capital de pouvoir centraliser ces infos, et surtout les organiser. Les Flux RSS ont permis de gagner un temps considérable, surtout avec des services très performant comme Netvibes, qui se positionne clairement comme catalyseur de web personnel.

Continuons avec mon exemple: imaginons que le restaurant veuille savoir s’il apparait lors de la recherche « restaurant Lille », et surtout savoir ce que disent les gens; c’est l’E-notoriété. Les grands comptes font appel à des prestataires spécialisés (Digimind, TrendyBuzz, Radian6, Synthesio, Weetrack…). Pour les plus petites, l’investissement est trop lourd, il leur faudrait donc passer par des agences, ou bricoler une solution. C’est là que je suis étonné de voir que Google ne propose rien! Il a le moteur et toute l’infrastructure Insights, Alerts, Blogs etc. Le marché est en train de se structurer et il semble juteux. Parce que, finalement l’objectif des entreprises reste simple: surveiller ce qui remonte dans les résultats de Google et sur les réseaux sociaux.

Dans le fond, les grands comptes payent d’autres entreprises (que Google) pour créer des algorithmes de recherche qui veillent à la marque des entreprises. Cela ressemble grandement à une nouvelle concurrence non?
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Plus de lecture: des solutions pour gérer les flux des réseaux sociaux sur Twitter Vs Facebook et Skimmer