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Le Management à la Google

Désolé pour ces trois mois de silence, mais l’emploi du temps a été plutôt chargé dernièrement : combiner examen, boulot et vie sociale n’est pas une mince affaire. Je profite de l’accalmie de l’été pour vider le frigo, et publier les quelques articles en réserve.

Après un premier billet sur l‘immersion chez Google et (déjà) quatre mois passé chez Google, je pense intéressant de partager avec vous un élément important et caractéristique de la vie en entreprise : le management.

Il faut avant tout comprendre le contexte dans lequel Google évolue : en 12 ans, Google est passé d’une  petite entreprise de la Silicon Valley, à un géant de l’internet de 23 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2009. Ainsi, aujourd’hui Google possède plus de 60 bureaux dans 20 pays, pour un total de 20 164 employés (déc. 2009) dont un tiers en dehors des US. C’est aussi 3000 CV reçus par jours, soit un peu plus d’un million par an; en moyenne un rachat d’entreprise par mois.

Autant dire qu’il faut du monde pour gérer tout ces petits chiffres, surtout que l’entreprise souhaite garder un esprit de start-up.

Déléguer pour garder le savoir en bas de la pyramide

La hiérarchie à Google est plutôt plate : par exemple il n’y a « que » 8 niveaux entre un employé fraichement embauché en Ads Operations à Dublin et Eric Schmidt le P.D-G de Google à Mountain View en Californie. Cela n’est donc pas énorme : si je monte d’un grade tout les 3 ans, je serai à la place d’Eric pour mes 50 ans, c’est pas mal hein ! :)

Google est une entreprise qui reste très scolaire, par exemple chez les employés qui fournissent du support client (AdOps) sont notés sur la productivité et sur la qualité. Plus l’employé à de bonnes notes, plus l’employé sera récompensé et reconnu. Les employés étant souvent des jeunes diplômés, ce système fonctionne bien et permet de comprendre rapidement comment l’employé se positionne par rapport au reste de l’entreprise. Cela n’est pas unique à Google, d’autres entreprises dans l’audit ou le consulting appliquent les mêmes méthodes.

Cependant, ce qui est plus unique à Google c’est que les évaluations sont faites par des collègues et non des supérieurs hiérarchique. On parle alors de Peer Management (Management par les tiers). Concrètement, une personne vas être reconnu par l’équipe comme ayant les compétences et l’expérience dans un domaine précis. Ainsi cette personne aura la responsabilité d’accompagner et évaluer ses collègues.

Évidemment, ce genre de management doit être formalisé : il est possible de suivre des formations sur la manière de donner du feedback. Il est aussi recommandé de compléter ses connaissances sur le domaine à évaluer. L’évaluateur est lui-même évalué par une autre personne, d’une autre équipe, qui pratique ce rôle depuis plus longtemps.

Cette méthode à deux avantages majeurs : Premièrement, en plus de libérer l’emploi du temps du manager, cela rend la note obtenu en fin de période crédible dans la mesure ou elle est donnée par un spécialiste du domaine, et non par le boss, qui n’a pas forcément le temps ou les connaissances techniques pour effectuer cette tache. Ensuite, cela permet de garder le savoir technique au bas de la hiérarchie, dans la mesure où les évaluateurs (et donc spécialistes) ont le même niveau hiérarchique que l’évalué.

Le rôle d’un manager chez Google

Le manager est au niveau interne est appelé et défini comme un « Team Leader ». Sa mission est de faire progresser et mettre en valeur le travail effectué par son équipe. Ainsi, le meilleur moyen de juger un manager est de savoir combien de ses ‘managés’ ont été promus. En effet, son travail consiste à vérifier régulièrement si l’employé progresse bien, respecte ses objectifs, est heureux dans l’équipe. Le micro-management est donc très faible. Par exemple, je fais juste un point, une fois par semaine avec mon team lead afin de voir comment je progresse par rapport à l’équipe; et quels sont les projets qui pourraient me convenir prochainement. Enfin, je suppose que comme dans d’autres entreprises, il a aussi un rôle important de centralisation et partage de l’information au niveau supérieure.

Il gère aussi la répartition des projets, qui influe directement sur le partage de la charge de travail. En effet, l’emploi du temps de chacun est divisé en pourcentage, avec une partie principale (chez AdOps répondre aux clients et évaluer les annonces AdWords) et une partie Projets qui regroupe le reste des taches de support (comme évaluer la qualité ou s’occuper des campagnes AdWords de Google Analytics). Plus l’employé est compétant dans son travail, plus le nombre et l’importance des projets sera forte. Les projets sont attribués en fonction des besoins et de l’expérience pour un nombre de trimestres précis, en accord avec l’employé. Il est donc tout à fait possible d’orienter sa carrière vers un type de projets afin de se spécialiser sur un domaine précis, pour plus tard postuler à une autre équipe/fonction.

Un environnement de travail  idéal pour plus de productivité

L’entreprise est connue pour la générosité de ses avantages qui ont pour objectifs (selon E. Schmidt) de « retirer tous les obstacles qui sont dans le passage des employés de l’entreprise » de la nourriture gratuite au coiffeur. Cela est en effet la réalité, cependant d’autres entreprises proposent ce genre de services comme Microsoft ou Facebook.

Pour l’anecdote, en arrivant chez Google, l’une des premières étapes de l’intégration est d’aller chercher son PC portable. L’ordinateur est complètement classique, mais un élément à retenu mon attention : dans le sac-a-dos pour protéger celui-ci j’ai eu la surprise de trouver un magnifique casque Sennheiser. Autant vous dire que, pour un jeune, bosser en écoutant sa musique est un luxe total. Je me souviens d’entreprise ou les plus expérimentés m’ont regardés de travers parce-que j’avais mon iPod posé sur mon bureau, avec une (même pas deux) oreillette en place. Aussi, Google n’as pas de problème à ce que l’employé ne soit pas à son bureau : il m’arrive souvent de bosser assis sur un canapé de l’Atrium. Ainsi, je peux être productif tout en étant sur un canapé en écoutant ma musique et, après analyse, ce n’est que la juste contrepartie de la création de l’Open Space. Ces conditions sont en fait idéales pour se couper du bruit ambiant et des nombreuses interruptions et ainsi, mieux se concentrer.

Aussi, dans le même esprit, l’équipement informatique est une commodité. Ainsi, nous avons chacun une station de docking reliée à un magnifique écran. Il est tout à fait possible d’en demander d’autres ou aussi de demander un clavier ou une souris ergonomique ainsi que tout les accessoires permettant de bien s’installer. La philosophie est qu’un employé travaillant dans de bonnes conditions est un employé productif.

Je vous propose de terminer ce long billet sur cette vidéo qui correspond parfaitement au sujet :

Plus d’infos : ‘Tips for Nooglers Engineers’ par Piaw et ‘Le Management de Google,  moteur de son innovation’ par LaCroix.com

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Immersion chez Google – Semaine 1

Comme vous le savez peut-être déjà, je suis chez Google depuis le 29 mars ou je bosse en tant que « Online Sales and Operations Account Manager ». Pour faire simple, il s’agit de fournir du support et conseils auprès de petits et moyens comptes pour Adwords. Le poste est un CDI basé au siège Europe de Google à Dublin. Je profite de mon blog pour partager avec vous mes premières impression sur cette (courte) semaine d’intégration.

L’environnement de travail

Google Entrance (c) Pedro Miguel MarzagaoLes bureaux sont situés dans le sud-est du centre de Dublin, à environ 20 minutes de marche du Temple Bar. Tout est fait pour que l’ambiance de travail soit plutôt relaxe et agréable à vivre : nourriture gratuite à tous les étages, deux cafétérias plutôt haut de gamme avec bar à sushis (entre autres), pleins de petit coins relax pour s’isoler. En fait, le truc vraiment agréable, c’est le fait que Google reconnaisse que l’open space c’est pas forcément très fun, et donc offre la possibilité de s’isoler; tant en fournissant un casque pour écouter de la musique, qu’en allant bosser assis sur un canapé.

Nous avons aussi accès à des salles de jeux, billards, babyfoot, cabines téléphonique pour appeler partout dans le monde (même sur les portables) etc etc. Pleins de petits trucs qui rendent la vie à Google plutôt sympa.

Je suis arrivé en même temps qu’une trentaine d’autre nouveaux Googlers, ici appelé « Nooglers », des quatre coins du continent. Comme je l’ai souvent entendu ici : « tes premiers mois en tant que Noogler, c’est comme un échange Erasmus, sauf que en plus, tu es payé ». J’ai en effet, maintenant un emploi du temps plutôt chargé en formation sur les différents produits. La journée ressemble donc à : petit dej (chez Google, oui ils font aussi les petits dej), formations toute la journée, et puis vers 6h30 sortie pour prendre un pot. Un vrai Eramus, je vous disais !

The Google Way, une impressionnante culture d’entreprise

Au bout d’une semaine d’intégration, on comprend vraiment que Google est un peu comme une grande famille. Tout ce qu’on fait est par défaut accessible à toute l’entreprise : objectifs personnels, documents, profils etc. L’entreprise comprend aussi une foultitude de projets géré par les employés, du cours de Taekwondo à la mission humanitaire. Les process sont apparemment les mêmes dans chaque pays. Même organisation des équipes, bâtiments etc… un employé peut en théorie accéder à tous les bureaux de Google avec son badge : Ain’t it cool ? Free Food all over the world.

L’un des élément les plus frappant en arrivant chez Google, c’est le fait que l’ensemble des logiciels utilisé par le grand public, est aussi utilisé en interne. Ou l’inverse : le publique utilise des services à la base conçus pour répondre à un besoin interne. Ainsi, nous utilisons, avec leurs avantages comme leurs inconvénients Gmail, Calendar, Groupes, Sites etc. Du coté des avantages, rien n’est vraiment installé sur les machines, il est donc possible d’avoir un PC, comme un Mac, ou même GNU-Linux. Étant un aficionados de Gmail, c’est un véritable plaisir d’utiliser Gmail comme messagerie principale. Je ne connais pas beaucoup d’entreprises utilisant Google Aps, c’est pourtant une véritable libération de mettre Outlook à la poubelle.

L’intégration permet aussi de comprendre un peu plus la stratégie de Google. Si Google propose autant de services variés, notamment aux USA, c’est en fait pour faire pousser l’arbre sur lequel il est assis. Par exemple, en lançant Google Chrome (le navigateur) l’objectif n’est pas de prendre des parts de marchés à Microsoft (ou même Mozilla) mais bien de redéfinir les priorités de développement. Google à besoin que les pages s’affichent plus vite pour que ses nombreux services en ligne fonctionnent et, étrangement, l’argument clé de chrome c’est la rapidité. En conséquence, aujourd’hui, tous les navigateurs se battent pour afficher les pages le plus vite possible, et donc Google a réussi son coup, même si chrome stagne à 1% de pdm.

Si vous y réfléchissez bien, l’objectif d’Android c’est bien que les OS mobiles proposent un navigateur ouvert, plus que de concurrencer Google. Pareille pour la fourniture d’accès à internet ou l’électricité etc etc. Plus le gâteau de l’internet sera grand, plus la part de Google sera large. L’objectif est donc bien de donner accès aux web à un maximum de personne sur la planète, qui probablement consommeront des services Google.

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Quel Google face aux Médias Sociaux

La question de mon collègue était la suivante: « Est ce que les réseaux sociaux vont concurrencer Google en terme de recherche d’informations? » Ma première réponse était négative : L’utilisation des réseaux sociaux est principalement sociale, c’est à dire pour partager des informations personnelles avec ses amis. De son coté, Google permet de chercher l’adresse d’une page web ayant la réponse à notre requête. Donc a priori, pas de raisons de se concurrencer.

Logo Outils GoogleCependant, après quelques minutes de discussion je suis vite revenu sur ma réponse. Il est évident que de chaque coté, les frontières ont bien évolué. Prenons l’exemple de Facebook, dont l’usage change tous les jours. Les possibilités de microblogging, d’identification, de partage de photos et vidéos se sont ajoutées à la simple création de profil. De l’autre coté Google fournit maintenant bien plus que des liens de pages web: l’arrivée de l’universal search élargit les résultats aux blogs, news, photos, vidéos et Google ne cesse d’ajouter de nouvelles fonctionnalités aux services déjà présents.

Le ‘Web 2.0′ a rendu la parole aux internautes, chacun est maintenant libre de faire son journaliste (avec un blog) de commenter ou voter pour des liens/tweets, de donner des avis sur des produits (dans les forums), ou sur le coiffeur du coin. Il serait donc absurde, lors d’une recherche d’information, d’ignorer tout le contenu créé par cette activité sociale, ou l’UGC (User Generated Content) en général.

Prenons un exemple: je recherche un restaurant sympa à Lille. Naturellement j’ai tendance à demander à mon entourage, puis naturellement aller faire un tour sur internet. Il serait génial de pouvoir taper par exemple « restaurant Lille » dans Google et d’avoir toute une partie Sociale dans les résultats incluant les avis laissés par mes amis qui parlent de restaurants. Par exemple les statuts Facebook et Twitter, ainsi qu’une partie des blogs parlant du sujet… Il existe déjà une extension Firefox qui le permet WebMynd.

La multiplication des différent services de réseaux sociaux amène de nouveaux besoin pour les entreprises et les utilisateurs : Le premier étant la centralisation et gestion de tous ces services: flux RSS/tweets/statuts/tag de photos/notifications… Nous sommes passés d’un monde de recherche d’informations, à celui de surinformation. Il est donc capital de pouvoir centraliser ces infos, et surtout les organiser. Les Flux RSS ont permis de gagner un temps considérable, surtout avec des services très performant comme Netvibes, qui se positionne clairement comme catalyseur de web personnel.

Continuons avec mon exemple: imaginons que le restaurant veuille savoir s’il apparait lors de la recherche « restaurant Lille », et surtout savoir ce que disent les gens; c’est l’E-notoriété. Les grands comptes font appel à des prestataires spécialisés (Digimind, TrendyBuzz, Radian6, Synthesio, Weetrack…). Pour les plus petites, l’investissement est trop lourd, il leur faudrait donc passer par des agences, ou bricoler une solution. C’est là que je suis étonné de voir que Google ne propose rien! Il a le moteur et toute l’infrastructure Insights, Alerts, Blogs etc. Le marché est en train de se structurer et il semble juteux. Parce que, finalement l’objectif des entreprises reste simple: surveiller ce qui remonte dans les résultats de Google et sur les réseaux sociaux.

Dans le fond, les grands comptes payent d’autres entreprises (que Google) pour créer des algorithmes de recherche qui veillent à la marque des entreprises. Cela ressemble grandement à une nouvelle concurrence non?
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Plus de lecture: des solutions pour gérer les flux des réseaux sociaux sur Twitter Vs Facebook et Skimmer

Sapristi, Tintin me pique ma place sur Google

Tintin me pique mon referencementCe Week-end, c’est les 80 ans de Tintin, et donc j’en profite pour exposer un problème que ce héros à houpette me pose. Il y a deux ans, lorsque je tapais « clément toulemonde » sur Google, le premier résultat était une page intitulée : Tintinophiles. Comme tout bon gamin, j’étais fan de Tintin et j’avais donc créé ma première page web sur ce sujet (et oui, déjà un peu geek à cette époque).

Programmée sur FrontPage et hébergée chez Chez.com -les nostalgiques se souviendront- c’était une autre époque. Le hic, c’est que cette page, crée pour les 70 ans du reporter, donc vieille de 10 ans, est pleine de fautes, n’as plus grand intérêt et je souhaiterai que mon futur employeur tombe sur autre chose lorsqu’il/elle tape mon nom sur Gogolle. Bien sur, depuis le temps Chez.com a été racheté une vingtaine de fois, puis fermé et j’ai perdu mes identifiants; je ne peux donc plus y accéder. Morale de l’histoire, dites vous que tout ce que vous mettez en ligne y est pour toujours (lire HD-DVD Vs Digg), qu’il est difficile d’en modifier le contenu, et qu’un employeur peut très facilement tomber dessus !

J’en viens donc à ma question à 2€50 : Comment et pourquoi contrôler son image sur internet?

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