Quatres raisons pourquoi Google cartonne toujours

Vous trouverez ci-dessous une traduction d’un billet de Paul Buchheit, fondateur de services comme Gmail, Friendfeed ou AdSense. Cet ancien Googler -aujourd’hui Business-Angel- revient sur 4 raisons expliquant en quoi Google est toujours une entreprise qui « cartonne » aujourd’hui. Je me suis permis d’ajouter des liens vers les billets correspondants. Le billet original est intitulé : Four reasons Google is still awesome.

Mes prédictions récentes sur les produits Google qui vont réussir (et ce ceux qui subiront un échec) font penser à certaines personnes que je suis anti-Google, ce qui me rend triste, car Google est sans doute toujours la meilleure entreprise -de sa taille- et j’ai vraiment apprécié mon de temps là-bas.

Malheureusement, les histoires positives ne sont jamais aussi populaire que les négatives, mais peu importe; il est utile de souligner certaines choses qui continuent de différencier Google comme l’une des meilleures entreprises de technologie.

1 – Ils prennent de gros risques. Les gens désignent souvent des projets tels que Wave comme une preuve que Google a « perdu sa magie ». Pour moi, c’est la preuve qu’ils sont toujours prêts à prendre des risques sur de nouvelles idées et de nouvelles façons de faire les choses (Wave a été géré comme un projet complètement autonome en Australie). Si tout ce que vous faites fonctionne, alors vous ne prenez pas beaucoup de risques et n’êtes pas très innovant non plus. Évidemment, si tout ce que vous faites est un échec, ce n’est pas bon non plus, mais il ya un juste milieu. Google dispose de suffisamment de grands succès, tels que Chrome et Android, pour montrer qu’ils sont quelque part près de celui-ci.

2 – Ils sont prêts à construire de nouvelles technologies apparemment sans rapport avec leur métier de base. Lorsque nous avons commencé à travailler sur Gmail, beaucoup de gens disaient que c’était une distraction et que Google devrait se concentrer sur la recherche web. Maintenant, personne ne remet en question l’e-mail, mais ils se demandent pourquoi Google développe des voitures auto-conduites. Du point de vue du marché, cela ressemble à un manque d’attention, mais c’est une manière plutôt étroite de voir les choses. Avec une perspective plus large, cela peut être considéré comme mettre l’accent sur l’utilisation de la technologie pour améliorer le monde. Est-ce que Edison ou Tesla ont été critiqués pour inventer trop de choses différentes ?

Du point de vue des employés, ces projets « non-core » sont aussi une opportunité pour une plus grande autonomie. Une partie de ce qui a rendu le projet Gmail si amusant, c’est que nous avons eu beaucoup d’indépendance et que nous pouvions poursuivre des idées que d’autres personnes à l’intérieur de Google pensaient être « la mauvaise façon de le faire ». La plupart des autres entreprises de haute technologie ne proposent pas ce genre de liberté.

3 – Ils sont en concurrence de manière positive. Beaucoup d’entreprises entrent en concurrence avec des méthodes qui en fait, détruisent de la valeur, comme l’utilisation de procès sur des brevets déposes; afin de ralentir ou de tuer les concurrents. L’arme de choix de Google est plus souvent l’open source et l’utilisation de standards ouverts. Il ne fait aucun doute que des projets comme Android et Chrome ont une valeur stratégique et travaillent à affaiblir Microsoft et compagnie, mais ils se trouvent également être bon pour le monde. Google a réussi à maintenir ses intérêts étonnamment en ligne avec ceux de leurs utilisateurs.

4 – Ils ne semblent pas rejeter la critique honnête. Je suis en train de lire un projet de livre à paraître sur Google, et j’ai été de retrouver  un e-mail que j’ai envoyé en 2000 dans lequel je « saquait » l’un de nos plus récents lancements de produit. C’est douloureux pour moi de ne pas dire aux gens ce que je pense, donc pour la plupart, j’essaie de trouver des gens qui ne sont pas dérangés d’entendre la vérité (ou mon avis sur la question, plutôt). Une grande partie de mon interaction avec les start-up se compose de mon avis sur tout ce que je n’aime pas de leur produit (et souvent ils me remercient!). J’ai travaillé pour un grand nombre d’entreprises différentes, et Google a été la seule où parler franchement n’as jamais semblé causer de problèmes. Je ne prétends pas que j’ai toujours raison, parce que, évidemment, ce n’est pas le cas; mais les systèmes (ou individus) qui ne sont pas prêts à recevoir des commentaires négatifs sont condamnés. Les cultures qui ne rient pas d’eux-mêmes sont elles aussi condamnées.

Parler de Google est toujours un peu délicat pour moi étant donné mes antécédents, mais ils continuent d’être une entreprise fascinante et une grande source d’enseignements intéressants, alors je vais continuer d’essayer. J’espère que je ne me démarquerai pas comme un ennemi ou fan-boy, mais un simple observateur de bonne foi.

Traduction du billet de billet de Paul Buchheit : Four reasons Google is still awesome.

Google Goggles: Joindre la pub offline à l’online

J’ai dernièrement beaucoup entendu parler des progrès de Google Goggles, le service de recherche visuelle. L’idée est simple : vous prenez une photo d’un élément avec un smartphone, et automatiquement Google vous fournit des informations sur celui-ci. Cela marche très bien avec des œuvres d’art, des logos, du texte, des cartes de visites (super pour ajouter un contact dans un téléphone)… Il est aussi possible de prendre une publicité en photo, ou l’affiche d’un film; pour automatiquement trouver des informations mises-à-jour sur le produit. Je vous laisserai tester l’appli, disponible sur Android et iOS (iPhone).

L’objet de cet article est plus l’utilisation que l’on peut en faire au niveau publicitaire ou marketing qui se montre très prometteur.

Évidemment pour le moment,  tout le service est sans publicités, mais on peut imaginer qu’en fonction des éléments photographiés, des publicités soient ciblées.

Imaginons vous voulez trouver la page internet ou se trouve une robe du catalogue de La Redoute. Pas besoin de chercher…sur La Redoute (ou Google) mais plutôt  prendre la page du catalogue en photo, et atterrir directement sur celle correspondante, sur le site web.

En poussant encore plus loin, il serait possible de prendre un objet en photo, et de comparer les prix directement sur Google Shopping; et pourquoi pas ensuite localiser les magasins dont l’objet est disponible sur Maps. A chacune de ces étapes, la monétisation est possible, sachant qu’il faudra ressortir du lot pour attirer le client.

Ce genre de service répond à un besoin précis de recherche en mobilité, ou la personne n’as pas le temps ou l’envie de chercher sur Internet. D’autres produits répondent à ce besoin comme Voice Action qui permet de commander vocalement sont téléphone; je l’ai vu en démo, c’est bluffant et hyper rapide (et que sous Android :))

Comme souvent avec Google, l’idée est de développer les usages, pour ensuite essayer de rentabiliser l’outil.

Je vous laisse maintenant regarder la vidéo explicative.  Régalez-vous !

Let’s be honnest for a minute

Mon dernier article sur ce blog remonte à un peu plus de 3 mois… Je suis passé d’une moyenne d’un article toutes les 3 semaines; à un « article » tous les 3 mois… Et encore.

En effet, c’est triste à dire; mais je n’ai plus le temps, l’envie (je m’étonne moi-même de le reconnaitre) d’écrire régulièrement.
La faute à qui ? Que c’est-il passé ? Bon clairement depuis que j’ai un boulot il est plus difficile de trouver le temps d’écrire. Je passe ma semaine en face d’un écran et sur Internet, le soir et le WE sont donc dédiés à d’autres activités. Je ne suis pas nerd à ce point. Aussi, le fait d’être dans une boite comme Google, limite pas mal le champ d’écriture. Ethiquement et légalement, je ne peux pas parler autant sur Google qu’avant. J’ai donc une motivation en moins.

Google n’applique pas de  censure (comme j’ai pu l’entendre) ou des menaces, mais juste des règles simple de bon sens. J’aime mon boulot et ma boite, je ne vais donc pas risquer que des personnes prennent ce que je dis pour argent comptant ou transforment mes propos.
Cependant, je souhaite garder ce blog actif, et vivant. Ce blog est un blog personnel que je compte garder sur le long terme, afin de partager mes pensées sur le Web et mes différentes expériences.

Le rythme va donc changer, je vais faire des billets beaucoup plus court, afin de faire découvrir des nouveautés ou concept rencontrés sur le terrain ou chez Google. L’idée est de partager les liens, technologies, concepts; J’espère que ca vous plaira.

Le Management à la Google

Désolé pour ces trois mois de silence, mais l’emploi du temps a été plutôt chargé dernièrement : combiner examen, boulot et vie sociale n’est pas une mince affaire. Je profite de l’accalmie de l’été pour vider le frigo, et publier les quelques articles en réserve.

Après un premier billet sur l‘immersion chez Google et (déjà) quatre mois passé chez Google, je pense intéressant de partager avec vous un élément important et caractéristique de la vie en entreprise : le management.

Il faut avant tout comprendre le contexte dans lequel Google évolue : en 12 ans, Google est passé d’une  petite entreprise de la Silicon Valley, à un géant de l’internet de 23 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2009. Ainsi, aujourd’hui Google possède plus de 60 bureaux dans 20 pays, pour un total de 20 164 employés (déc. 2009) dont un tiers en dehors des US. C’est aussi 3000 CV reçus par jours, soit un peu plus d’un million par an; en moyenne un rachat d’entreprise par mois.

Autant dire qu’il faut du monde pour gérer tout ces petits chiffres, surtout que l’entreprise souhaite garder un esprit de start-up.

Déléguer pour garder le savoir en bas de la pyramide

La hiérarchie à Google est plutôt plate : par exemple il n’y a « que » 8 niveaux entre un employé fraichement embauché en Ads Operations à Dublin et Eric Schmidt le P.D-G de Google à Mountain View en Californie. Cela n’est donc pas énorme : si je monte d’un grade tout les 3 ans, je serai à la place d’Eric pour mes 50 ans, c’est pas mal hein ! 🙂

Google est une entreprise qui reste très scolaire, par exemple chez les employés qui fournissent du support client (AdOps) sont notés sur la productivité et sur la qualité. Plus l’employé à de bonnes notes, plus l’employé sera récompensé et reconnu. Les employés étant souvent des jeunes diplômés, ce système fonctionne bien et permet de comprendre rapidement comment l’employé se positionne par rapport au reste de l’entreprise. Cela n’est pas unique à Google, d’autres entreprises dans l’audit ou le consulting appliquent les mêmes méthodes.

Cependant, ce qui est plus unique à Google c’est que les évaluations sont faites par des collègues et non des supérieurs hiérarchique. On parle alors de Peer Management (Management par les tiers). Concrètement, une personne vas être reconnu par l’équipe comme ayant les compétences et l’expérience dans un domaine précis. Ainsi cette personne aura la responsabilité d’accompagner et évaluer ses collègues.

Évidemment, ce genre de management doit être formalisé : il est possible de suivre des formations sur la manière de donner du feedback. Il est aussi recommandé de compléter ses connaissances sur le domaine à évaluer. L’évaluateur est lui-même évalué par une autre personne, d’une autre équipe, qui pratique ce rôle depuis plus longtemps.

Cette méthode à deux avantages majeurs : Premièrement, en plus de libérer l’emploi du temps du manager, cela rend la note obtenu en fin de période crédible dans la mesure ou elle est donnée par un spécialiste du domaine, et non par le boss, qui n’a pas forcément le temps ou les connaissances techniques pour effectuer cette tache. Ensuite, cela permet de garder le savoir technique au bas de la hiérarchie, dans la mesure où les évaluateurs (et donc spécialistes) ont le même niveau hiérarchique que l’évalué.

Le rôle d’un manager chez Google

Le manager est au niveau interne est appelé et défini comme un « Team Leader ». Sa mission est de faire progresser et mettre en valeur le travail effectué par son équipe. Ainsi, le meilleur moyen de juger un manager est de savoir combien de ses ‘managés’ ont été promus. En effet, son travail consiste à vérifier régulièrement si l’employé progresse bien, respecte ses objectifs, est heureux dans l’équipe. Le micro-management est donc très faible. Par exemple, je fais juste un point, une fois par semaine avec mon team lead afin de voir comment je progresse par rapport à l’équipe; et quels sont les projets qui pourraient me convenir prochainement. Enfin, je suppose que comme dans d’autres entreprises, il a aussi un rôle important de centralisation et partage de l’information au niveau supérieure.

Il gère aussi la répartition des projets, qui influe directement sur le partage de la charge de travail. En effet, l’emploi du temps de chacun est divisé en pourcentage, avec une partie principale (chez AdOps répondre aux clients et évaluer les annonces AdWords) et une partie Projets qui regroupe le reste des taches de support (comme évaluer la qualité ou s’occuper des campagnes AdWords de Google Analytics). Plus l’employé est compétant dans son travail, plus le nombre et l’importance des projets sera forte. Les projets sont attribués en fonction des besoins et de l’expérience pour un nombre de trimestres précis, en accord avec l’employé. Il est donc tout à fait possible d’orienter sa carrière vers un type de projets afin de se spécialiser sur un domaine précis, pour plus tard postuler à une autre équipe/fonction.

Un environnement de travail  idéal pour plus de productivité

L’entreprise est connue pour la générosité de ses avantages qui ont pour objectifs (selon E. Schmidt) de « retirer tous les obstacles qui sont dans le passage des employés de l’entreprise » de la nourriture gratuite au coiffeur. Cela est en effet la réalité, cependant d’autres entreprises proposent ce genre de services comme Microsoft ou Facebook.

Pour l’anecdote, en arrivant chez Google, l’une des premières étapes de l’intégration est d’aller chercher son PC portable. L’ordinateur est complètement classique, mais un élément à retenu mon attention : dans le sac-a-dos pour protéger celui-ci j’ai eu la surprise de trouver un magnifique casque Sennheiser. Autant vous dire que, pour un jeune, bosser en écoutant sa musique est un luxe total. Je me souviens d’entreprise ou les plus expérimentés m’ont regardés de travers parce-que j’avais mon iPod posé sur mon bureau, avec une (même pas deux) oreillette en place. Aussi, Google n’as pas de problème à ce que l’employé ne soit pas à son bureau : il m’arrive souvent de bosser assis sur un canapé de l’Atrium. Ainsi, je peux être productif tout en étant sur un canapé en écoutant ma musique et, après analyse, ce n’est que la juste contrepartie de la création de l’Open Space. Ces conditions sont en fait idéales pour se couper du bruit ambiant et des nombreuses interruptions et ainsi, mieux se concentrer.

Aussi, dans le même esprit, l’équipement informatique est une commodité. Ainsi, nous avons chacun une station de docking reliée à un magnifique écran. Il est tout à fait possible d’en demander d’autres ou aussi de demander un clavier ou une souris ergonomique ainsi que tout les accessoires permettant de bien s’installer. La philosophie est qu’un employé travaillant dans de bonnes conditions est un employé productif.

Je vous propose de terminer ce long billet sur cette vidéo qui correspond parfaitement au sujet :

Plus d’infos : ‘Tips for Nooglers Engineers’ par Piaw et ‘Le Management de Google,  moteur de son innovation’ par LaCroix.com

Facebook futur géant de la recherche sociale ?

Beaucoup de choses ont déjà été dites sur les annonces faites par le fondateur de Facebook lors de la conférence ‘f8’ regroupant les développeurs de l’entreprise. L’article du blog de référence ReadWriteWeb fait très bien le point sur les nouveautés proposées par Facebook, vous pouvez aussi lire la matrice de Jeremiah Owyang [eng].

Pour faire court, Mark Zuckerberg impose son réseau social comme la plateforme universelle pour gérer ses interactions sociales sur le Web. Le temps ou tout était personnel est donc bien fini : avec Facebook, qui dit social dit publique. Certaines conditions de partage ont encore changés et c’est loin d’être fini. Personnellement, je n’y vois pas d’inconvénients majeur : il est difficile d’obtenir des infos de son entourage, si on ne partage rien sois-même.

Le potentiel énorme de Facebook est dans la recommandation géo-localisée : on sent bien que c’est un enjeu capital. En effet tous les géants du web (Twitter, Facebook, Google) y ont un pied dedans mais ne sont pas pour autant des pros comme FourSquare ou Goala [eng]. FaceBook, avec une base de 400 million d’utilisateurs, a pris une longueur d’avance en proposant tous les outils pour que ses internautes recommandent à tour de bras (les ‘Likes’). De plus, le site à un avantage unique et important : des profiles avec une crédibilité béton. Si un ami à recommandé un site, vous êtes sur que c’est lui. Ainsi, le site pourrait, en quelques mois, proposer un service aussi puissant et crédible que Yelp.

Son problème majeur sera dans sa capacité à conserver, analyser et proposer une réponse pertinente à la requête de l’utilisateur. En quelque sorte, comment différencier le futile (95% de l’activité de Facebook) de l’important. C’est jusqu’à présent impossible : même Google ne sais pas évaluer la pertinence d’un tweet, autrement que par des mots clé. En fait la solution idéale serait de mixer un Facebook avec un moteur de recherche performant. Il est peu probable que Facebook en développe un en interne, peu probable qu’il signe avec Google et ………… mais attendez ! « Y’a pas un accord Facebook / Bing ? » Si, si.

Microsoft pourrait donc facilement donner une couche réellement sociale à son moteur de recherche. L‘idée est la : indexer, analyser le contenu pour restituer une réponse pertinente, c’est un boulot de moteur de recherche non ? Ce genre d’accord, même si loin d’être évidant, donnerait un sacré coup de pouce à Bing, qui à défaut d’être performant sur la recherche classique, serait en avance dans les recommandations sociales à travers l’insertion de celles-ci dans les pages de résultat. Ce serait cool non, en cherchant un restaurant d’avoir directement dans le moteurs les « Like » de ses amis !

Qu’en pensez vous ?

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Pour plus d’infos

Ceux qui ne supportent plus Facebook et veulent une alternative Libre, c’est le projet MOVIM

« Why f8 was good for the open web » sur O’Reilly Radar

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