Postuler chez Google, la suite

Après le succès de mon premier article sur les conseils pour postuler chez Google et de nombreuses questions envoyées par email ou autres médias sociaux; je souhaite apporter de nouvelles informations. Ces informations sont tirées de mon expérience personnelle et en aucun cas certifiées par Google.

Le minimum requis pour postuler

Comme vous pourrez le voir sur Google.com/Jobs si vous n’avez pas le niveau d’étude demandé, il faudra compenser par des années d’expériences. En France, nous avons beaucoup d’études supérieures, le niveau est donc plutôt élevé. Si vous n’avez pas un Master ou bac+5 équivalant, cela devient très compliqué.

Aussi, encore une fois, j’insiste sur l’importance d’avoir un niveau d’anglais courant pour postuler. Les premiers entretiens sont en général avec des RH irlandais, donc accrochez vous :).

Après quelques années d’expériences, est-ce toujours aussi génial ?

Pour être honnête, mes attentes étaient plutôt élevées en arrivant il y a trois ans. Comme dans tous les boulots et entreprises, il y a des hauts et des bas, mais je n’ai jamais été déçu. J’ai eu la chance de travailler dans d’autres entreprises avant, pas forcément aussi fun et au petit soin pour leurs employés.

Il est important de préciser qu’en recrutant des profils qualifiés dès la sortie des écoles, les attentes sont hautes chez les employés comme chez l’employeur. Il faut donc être compétitif et ne pas avoir peur d’être régulièrement mis à l’épreuve et noté.

Puis-je postuler à plusieurs offres ?

Oui, si votre coeur balance entre deux ou trois offres, c’est possible. Cependant, pensez à pouvoir expliquer pourquoi vous les avez choisies ainsi que leur cohérence.

Est-il possible de faire un stage, une césure ou une alternance ?

D’une manière générale, si vous reprenez les études par la suite, vous êtes éligible pour un stage (sinon autant postuler pour un job). Google propose des stages d’été, généralement pour trois ou quatre mois, pas plus. Je n’ai jamais rencontré de personnes ayant fait des alternances, ce n’est pas vraiment pratique pour une entreprise comme Google. Pour les césures, c’est comme un long stage, donc cela ne pose pas de problème.

Les cas de conversions, d’un stage en emploi sont très rare, dans la mesure où il faut repasser l’intégralité du processus d’entretien classique.

La lettre de motivation est-elle obligatoire ?

Contrairement à nos traditions françaises, nos amis anglo-saxons ne sont pas des psychopathes de la lettre de motivation. Donc pas besoin de passer une demi-journée à faire une lettre manuscrite potable. Cependant, je vous invite à préparer un email simple et efficace pour vous présenter.

Est-ce que je peux postuler à des jobs Parisiens ?

Oui, mais les places sont plus limités qu’au siège européen à Dublin. Dublin est connu pour embaucher un grand nombre de « post-graduate », c’est-à-dire des gens qui viennent de terminer leurs études. Paris à une population plus âgée, donc plus expérimentée.

Voilà, si vous avez d’autres questions, je vous invite à les laisser dans les commentaires et sinon rendez-vous sur Google.com/Jobs pour plus de détails.

Avec Chromecast, quel avenir pour GoogleTV ?

Selon moi, Google est l’un des premiers à avoir vraiment compris le problème de la TV connectée: des tonnes d’appareils mobiles ou non, sur différents systèmes d’exploitations qui veulent accéder à un contenu varié et pas juste à une place de marché: jusqu’à présent, toutes les solutions étaient liées à une application (iTunes), un appareil (FreeBox, LiveBox, XBOX) ou technologie (AirPlay, Samsung, Miracast).

Chromecast permet de diffuser le contenu d’un téléphone, d’une tablette ou d’un ordinateur sur une TV. La nouveauté n’est pas au niveau technologique, mais plus au niveau logiciel. Le côté magique, c’est que 90% des Mobiles et Tablettes Android actuellement en circulation vont pouvoir disposer de cette fonctionnalité dans la mesure ou le système fonctionne à partir de GingerBread.
Chromecast dongle

Une solution pour toutes les plateformes, et pour tous

Android étant un produit Google, Chromecast fonctionne déjà sur les différentes applications Google: Music, YouTube, Movies… et les autres applications du PlayStore vont vite s’aligner dans la mesure ou une SDK et API sont disponibles. Par exemple Netflix est prêt.
Chrome joue aussi un rôle considérable. Le navigateur de Google est présent sur un nombre de plateforme rare pour un navigateur: Android, iOS, Windows, Linux, MacOS. C’est ainsi le navigateur internet le plus utilisé dans le monde.
Grâce à une extension, il est possible de diffuser sur votre TV n’importe quel contenu visualisé depuis votre navigateur préféré. Ainsi, Google couvre une énorme partie des ordinateurs, tout en poussant son navigateur.
Le pari, c’est qu’en rendant les contenu facilement partageable sur une télé, les utilisateurs vont passer encore plus de temps sur les produits Google: Chrome (pour les PC), Android, YouTube etc… mais aussi les autres applications compatibles ce qui n’est que bénéfique pour les services de contenu en ligne.
C’est clairement une approche différente de GoogleTV, mais qui en fin de compte, revient à la même chose d’un point de vue consommation des services Google. Le positionnement de GoogleTV est beaucoup moins pertinent d’un coup.
Avec 35$ et une connexion WiFi solide, vous devriez pouvoir diffuser sans fil a peu près tout et n’importe quoi. A ce prix là, Google frappe fort !

Un changement d’usage

L’autre côté magique, c’est que cela revient à avoir un deuxième écran disponible pour n’importe quel appareil. Contrairement à AirPlay, Chromecast fait fonctionner les deux écrans indépendamment. Vous pouvez donc laisser le téléphone en veille, ou consulter d’autres contenu.
Il serait donc techniquement possible de jouer à un jeux Android sur sa TV, tout en gardant son téléphone comme manette de jeu, ou deuxième écran (en mode WiU). La question est donc quels sont les usages proposés par les développeurs et ceux adoptés par le public.
Par exemple, les applications et sites e-commerce pourront utiliser la TV pour de plus grands visuels, tout en laissant le caddie dans les mains du client. Pourquoi en pas lire un livre, ou consulter un journal sur sa TV aussi.
Cela change aussi la donne pour les créateurs de contenu et les distributeurs. Je vous invite à lire la liste des implications de ce lancement selon Jeff Jarvis (en anglais).
Le produit devrait arriver en France rapidement (quelques semaines) sur Google Play et j’imagine Amazon, à 35$ (35€?) c’est un produit à tester rapidement!

La puissante TV trop oubliée: 2038 visites en moins d’une heure

visites en live sur mon blogEn validant un commentaire sur ce blog il y a une semaine, j’ai été surpris de constater que mon Analytics indiquait 1600 visites sur la journée. J’ai en moyenne 33 visiteurs uniques par jour, alors je n’ai pas compris quel était le ‘problème’.

Après une rapide analyse, j’ai remarqué que tout le trafic allait vers mon article LiFi du WiFi à travers des Leds et provenait des du moteur de recherche. J’ai donc demandé sur Facebook s’il avait eu un reportage sur cette technologie. J’ai rapidement eu l’information que LeWeb avait presenté la technologie et que surtout France2 en avait parlé à son 20h.

Pic de visites de 20h

J’avais donc ma raison, moi qui pensais que tout à coup j’étais une star de la blogosphère et que j’avais une audience de dingue 🙂 pour une prochaine. Cependant, je pense qu’il est intéressant d’analyser cette soudaine activité dans la mesure où nous avons une combinaison plutôt riche: TV + Blog + technologie peu connue.

Quelques éléments d’analyse

  • Double du trafic provenant des mobiles 30% versus 15 % d’habitude. La part d’iOS était deux fois plus importante que celle de Macintosh.
  • Le volume de visiteur a explosé au moment de la diffusion du reportage, ce qui illustre clairement que les gens regardaient la TV en même temps, une habitude du multi-écrans bien ancrée.
  • La principale requête est ‘lifi’ avec une position moyenne de 1.4 et un taux de clic de 46%. Je suis étonné d’être aussi bien placé sur une requête aussi générique. J’étais en moyenne à la position 3.4 sur cette même requête le mois dernier.
  • J’ai eu 2400 visiteurs uniques le lendemain versus 1999 la veille. C’est une surprise pour moi: les internautes ont donc continué à chercher des informations sur le sujet.
  • L’analyse en temps réel d’Analytics est franchement bien faite. C’est même assez addictif: voir les gens se connecter sur le site des différents coins du monde, consulter les pages et commenter.
  • Le niveau des commentaires n’est pas toujours très élevé: c’est la contre partie d’être diffusé à un horaire de grande écoute.
  • J’ai gagné 1,14 euros avec deux clics grâce à AdSense. C’est juste un test de mon côté; cela ne sert à rien, mais la différence volume/revenu est assez dingue.

Qu’en retenir

53 % des propriétaires de smartphone en France utilisent leur téléphone pour naviguer sur Internet tout en regardant la télévision.  Google/Ipsos

Comme nous l’expliquons souvent chez Google, le volume de trafic sur mobile et tablette augmente aux mêmes heures que la consommation de programme TV. Il est évident que ces nouveaux supports sont parfaits pour compléter une information délivrée en sens unique. La tendance ne peut que augmenter dans la mesure ou le taux de pénétration des smartphones en France est passé de 27% en 2011 à 38% en 2012.

En fin de compte, ces 6000 visites ne m’apportent pas grand-chose de nouveau. Je blog depuis bientôt 4 ans et j’ai franchement hésité à approuver certain commentaires pour cet article, ce qui ne m’est jamais arrivé avant. Je reste bluffé par le référencement de mes articles sur différent sujets, vu la petite taille de mon blog.

 

Les imprimantes 3D pour particulier

Dans la série articles écrits suite à une lecture de Wired (décidément ce magazine est vraiment génial): après le wifi par LED  je vous propose les imprimantes 3D.

Traditionnellement la fabrication d’objet se fait sous deux formes : Additives ou Soustractives. La première correspond à l’ajout (ou l’injection) de matière dans un moule. La deuxième au retrait de matière d’un bloc plus gros, comme par exemple la sculpture ou la fabrication d’une coque aluminium d’un MacBook. Ces principes de construction impliquent souvent de lourds investissements matériels et financiers. La réalisation de prototypes ou de faibles unités et donc très limitée.

L’idée des imprimantes 3D est simple : une fois qu’un objet est conceptualisé sur ordinateur,  l’imprimante ‘imprime’ des couches de plastiques qu’elle superpose les unes au-dessus des autres, rendant l’objet tout à fait solide et fonctionnel comme une coque d’iPhone. Cette technologie n’a rien de très récent, cependant l’arrivée d’imprimantes à très faible cout pourrait généré une véritable révolution.

Une entreprise américaine MakerBot vends même toute une gamme en ligne pour moins de 2000 dollars.

Les impacts technologiques

  • Reproduire des objets : En combinant une telle imprimante avec un Scanner 3D il devient possible de prendre un objet, le scanner et l’imprimer chez soi. C’est un concept troublant mais tout a fait possible.
  • Des communautés comme Shapeways sont déjà en place et mettent à disposition des modèles à télécharger sur son ordinateur, pour imprimer chez soi. Vous pouvez vendre ou acheter des modèles.
  • Jusqu’à présent le monde du Libre est très présent, au niveau logiciel, modèles et communauté. Imaginez le potentiel: nous pourrions avoir un Wikipedia de produits à imprimer, pour différents pays, langues, peuples.
  • Au niveau de la Santé, une équipe de recherche de l’université de Pennsylvanie a réussi à créer des modèles de tissus sanguins à partir d’imprimantes 3D.

Les impacts économiques

  • Nous pouvons faire un rapprochement avec l’industrie du disque, c’est à peu près le même problème : les intermédiaires deviennent inutile. Quelqu’un en Afrique peut conceptualiser un objet et une autre personne en Suède l’imprimer chez soi. Pas de fabricants, livraison, fournisseurs, emballeurs etc.
  • Les copyright posent aussi un problème comme explique l’article de Wired avec un particulier qui a malencontreusement partagé son modèle de figurine Warhammer sur Thingiverse. Ce dernier à du supprimer le modèle suite à une plainte de l’ayant droit.
  • La création d’un lobbying par PublicKnowledge pour promouvoir cette technologie et aussi éviter un imbroglio juridique. Il est peu probable que l’industrie des produits finis se laisse faire. Un livre blanc est même à disposition à propos de ce sujet bien compliqué. Plus d’infos sur l’article d’OWNI.

Evidemment d’autres pistes sont à explorer et le potentiel reste encore incertain à grande échelle. Cependant, le fait de pouvoir créer des prototypes et bricoler à moindre coût reste génial. C’est un cadeau de super Papa pour impressionner fiston.

Ci-dessous une vidéo un peu longue, mais qui explique bien le concept au niveau des Arts (sous-titres en Français):

 

Le LiFi: du WiFi à travers des Leds

Lors d’une pause café avec un collègue, j’ai échangé à propos d’une technologie qui étonnement n’est pas très connue du grand public. Il y a quelques mois, j’ai découvert dans un article du magazine Wired une étude passionnante sur la transmission de donnée par la lumière.

La technologie

Schéma du LiFi

Le principe est simple à comprendre : pour l’humain, une lumière est allumée (1) ou éteinte (0). Au-delà d’une certaine vitesse, le cerveau humain n’est pas capable de remarquer les changements. Il est donc possible d’avoir un flux continu de lumière tout en faisant clignoter des LED. Ce flux transmet alors une suite de 0 et 1 très rapidement. En multipliant le nombre d’émetteurs (les leds) et de récepteurs (principe du MIMO: Multiple Input Multiple Output) il est possible de décupler le débit de transfert et d’obtenir un flux de donnée continu.

Les avantages:

– Contrôle de la diffusion : comme avec une lampe torche, vous pouvez diriger la diffusion du flux vers un point précis. Avec du WiFi c’est quasi impossible comme les ondes radio inondent un périmètre autour de l’émetteur. Cela s’applique notamment pour la communication sous l’eau ou la lumière se propage mieux que les ondes radio.

– Interférences réduites : gros soucis pour le Wifi dans les hôpitaux, avions et tout autres domaines ou les appareils électronique peuvent être perturbés.

– La facilité d’accès : la technologie utilisée est basique. Pas de problèmes de connexion, sécurité ou mots de passe. L’exemple utilisé dans Wired est intéressant : transmettre des informations entre voitures comme la distance vitesse etc. Les appareils équipés peuvent communiquer instantanément, même pour quelques secondes.

– La vitesse : 800 mbps pour le LiFi contre 100 mbps en moyenne pour le WiFi. Bien évidemment la vitesse reste théorique, car prouvée en laboratoire, mais le potentiel est intéressant.

Les challenges:

– La nécessité d’avoir une bonne visibilité entre l’émetteur et le récepteur.  Si jamais un élément ou un mouvement masque la lumière, la connexion est coupée. Cela implique aussi que la communication ne peut se faire que dans une même pièce. Le WiFi marche très bien dans les milieux encombrés. D’après les études, le débit serait simplement réduit… la problématique est donc identique au WiFi sur ce sujet.

– Il faut connecter les ampoules au réseau. L’infrastructure est un challenge, comme pour toutes les nouvelles technologies. Le bon côté est que l’investissement reste faible d’un point de vue matériel; et que les installations modernes ont déjà un contrôle centralisé.

– Prouver la viabilité d’une telle technologie à grande échelle. Pour le moment, tout est encore en laboratoire et produire une telle technologie à grande échelle n’est pas encore gagné.

Le challenge reste aussi intéressant que le potentiel. Un consortium est présent et travail activement sur la technologie. Vous en pensez quoi ?

Pensées d'un optimiste des Technologies