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Départ pour Leeds

Leeds Corn Exchange

Après plus de trois années chez SMB services, au service des petites et moyennes entreprises utilisant Google AdWords, je travaille maintenant en tant que représentant Google chez l’un de nos sous-traitant, à Leeds en Angleterre.

Je laisse donc l’équipe de support AdWords avec qui j’ai passé des moments formidables. Peu de gens le savent, mais Google emploi un nombre considérable de personnes afin de conseiller ses clients sur les nombreuses solutions publicitaires disponibles. Tout ne se fait pas automatiquement, et je vous confirme que nous passons en moyenne 80% de notre temps à parler aux clients par téléphone, chat ou emails. Ce n’est pas une chose facile tout les jours, mais c’est capital devant la multitude d’options qu’offre le monde de la publicité en ligne.

J’ai vraiment adoré cette équipe car le travail y est varié, challengeant, et demande un esprit d’équipe constant. C’est aussi une expérience unique d’aider tous les jours, des petites entreprises à développer leur présence en ligne et obtenir plus de business.

Je rejoins aujourd’hui la branche External Telesales Operations (ETO) de Google, qui s’occupe de travailler avec des fournisseurs externes (sous-traitant) afin de proposer aux entreprises nos solutions pour développer leur business. Je passe donc du côté support à une branche plus vente (acquisition de client). C’est un changement important de compétences pour moi dans la mesure ou je vais devoir gérer la relation entre notre fournisseur, l’équipe Marketing de Google, l’équipe Revenue, et mon management.

Beaucoup de personnes me demandent pourquoi je vais m’isoler à Leeds… c’est une bonne question. Au cours de ces trois dernières années, j’ai aussi construit une bonne experience dans la gestion de la relation avec  les partenaires de Google. En postulant au poste, cela m’as paru complètement naturel, je dirais… évident. Ce genre de ‘gut feeling’ qui pousse à prendre une décisions sans vraiment y réfléchir.

Je suis tout excité de cette nouvelle aventure et triste tout de même de quitter Dublin, qui est vraiment une ville que j’apprécie.  J’y ‘ai vécu 3 années de folies dans un bureau avec une ambiance  unique, avec des super collègues et amis.

La suite au prochain épisode !

Le Management à la Google

Désolé pour ces trois mois de silence, mais l’emploi du temps a été plutôt chargé dernièrement : combiner examen, boulot et vie sociale n’est pas une mince affaire. Je profite de l’accalmie de l’été pour vider le frigo, et publier les quelques articles en réserve.

Après un premier billet sur l‘immersion chez Google et (déjà) quatre mois passé chez Google, je pense intéressant de partager avec vous un élément important et caractéristique de la vie en entreprise : le management.

Il faut avant tout comprendre le contexte dans lequel Google évolue : en 12 ans, Google est passé d’une  petite entreprise de la Silicon Valley, à un géant de l’internet de 23 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2009. Ainsi, aujourd’hui Google possède plus de 60 bureaux dans 20 pays, pour un total de 20 164 employés (déc. 2009) dont un tiers en dehors des US. C’est aussi 3000 CV reçus par jours, soit un peu plus d’un million par an; en moyenne un rachat d’entreprise par mois.

Autant dire qu’il faut du monde pour gérer tout ces petits chiffres, surtout que l’entreprise souhaite garder un esprit de start-up.

Déléguer pour garder le savoir en bas de la pyramide

La hiérarchie à Google est plutôt plate : par exemple il n’y a « que » 8 niveaux entre un employé fraichement embauché en Ads Operations à Dublin et Eric Schmidt le P.D-G de Google à Mountain View en Californie. Cela n’est donc pas énorme : si je monte d’un grade tout les 3 ans, je serai à la place d’Eric pour mes 50 ans, c’est pas mal hein ! 🙂

Google est une entreprise qui reste très scolaire, par exemple chez les employés qui fournissent du support client (AdOps) sont notés sur la productivité et sur la qualité. Plus l’employé à de bonnes notes, plus l’employé sera récompensé et reconnu. Les employés étant souvent des jeunes diplômés, ce système fonctionne bien et permet de comprendre rapidement comment l’employé se positionne par rapport au reste de l’entreprise. Cela n’est pas unique à Google, d’autres entreprises dans l’audit ou le consulting appliquent les mêmes méthodes.

Cependant, ce qui est plus unique à Google c’est que les évaluations sont faites par des collègues et non des supérieurs hiérarchique. On parle alors de Peer Management (Management par les tiers). Concrètement, une personne vas être reconnu par l’équipe comme ayant les compétences et l’expérience dans un domaine précis. Ainsi cette personne aura la responsabilité d’accompagner et évaluer ses collègues.

Évidemment, ce genre de management doit être formalisé : il est possible de suivre des formations sur la manière de donner du feedback. Il est aussi recommandé de compléter ses connaissances sur le domaine à évaluer. L’évaluateur est lui-même évalué par une autre personne, d’une autre équipe, qui pratique ce rôle depuis plus longtemps.

Cette méthode à deux avantages majeurs : Premièrement, en plus de libérer l’emploi du temps du manager, cela rend la note obtenu en fin de période crédible dans la mesure ou elle est donnée par un spécialiste du domaine, et non par le boss, qui n’a pas forcément le temps ou les connaissances techniques pour effectuer cette tache. Ensuite, cela permet de garder le savoir technique au bas de la hiérarchie, dans la mesure où les évaluateurs (et donc spécialistes) ont le même niveau hiérarchique que l’évalué.

Le rôle d’un manager chez Google

Le manager est au niveau interne est appelé et défini comme un « Team Leader ». Sa mission est de faire progresser et mettre en valeur le travail effectué par son équipe. Ainsi, le meilleur moyen de juger un manager est de savoir combien de ses ‘managés’ ont été promus. En effet, son travail consiste à vérifier régulièrement si l’employé progresse bien, respecte ses objectifs, est heureux dans l’équipe. Le micro-management est donc très faible. Par exemple, je fais juste un point, une fois par semaine avec mon team lead afin de voir comment je progresse par rapport à l’équipe; et quels sont les projets qui pourraient me convenir prochainement. Enfin, je suppose que comme dans d’autres entreprises, il a aussi un rôle important de centralisation et partage de l’information au niveau supérieure.

Il gère aussi la répartition des projets, qui influe directement sur le partage de la charge de travail. En effet, l’emploi du temps de chacun est divisé en pourcentage, avec une partie principale (chez AdOps répondre aux clients et évaluer les annonces AdWords) et une partie Projets qui regroupe le reste des taches de support (comme évaluer la qualité ou s’occuper des campagnes AdWords de Google Analytics). Plus l’employé est compétant dans son travail, plus le nombre et l’importance des projets sera forte. Les projets sont attribués en fonction des besoins et de l’expérience pour un nombre de trimestres précis, en accord avec l’employé. Il est donc tout à fait possible d’orienter sa carrière vers un type de projets afin de se spécialiser sur un domaine précis, pour plus tard postuler à une autre équipe/fonction.

Un environnement de travail  idéal pour plus de productivité

L’entreprise est connue pour la générosité de ses avantages qui ont pour objectifs (selon E. Schmidt) de « retirer tous les obstacles qui sont dans le passage des employés de l’entreprise » de la nourriture gratuite au coiffeur. Cela est en effet la réalité, cependant d’autres entreprises proposent ce genre de services comme Microsoft ou Facebook.

Pour l’anecdote, en arrivant chez Google, l’une des premières étapes de l’intégration est d’aller chercher son PC portable. L’ordinateur est complètement classique, mais un élément à retenu mon attention : dans le sac-a-dos pour protéger celui-ci j’ai eu la surprise de trouver un magnifique casque Sennheiser. Autant vous dire que, pour un jeune, bosser en écoutant sa musique est un luxe total. Je me souviens d’entreprise ou les plus expérimentés m’ont regardés de travers parce-que j’avais mon iPod posé sur mon bureau, avec une (même pas deux) oreillette en place. Aussi, Google n’as pas de problème à ce que l’employé ne soit pas à son bureau : il m’arrive souvent de bosser assis sur un canapé de l’Atrium. Ainsi, je peux être productif tout en étant sur un canapé en écoutant ma musique et, après analyse, ce n’est que la juste contrepartie de la création de l’Open Space. Ces conditions sont en fait idéales pour se couper du bruit ambiant et des nombreuses interruptions et ainsi, mieux se concentrer.

Aussi, dans le même esprit, l’équipement informatique est une commodité. Ainsi, nous avons chacun une station de docking reliée à un magnifique écran. Il est tout à fait possible d’en demander d’autres ou aussi de demander un clavier ou une souris ergonomique ainsi que tout les accessoires permettant de bien s’installer. La philosophie est qu’un employé travaillant dans de bonnes conditions est un employé productif.

Je vous propose de terminer ce long billet sur cette vidéo qui correspond parfaitement au sujet :

Plus d’infos : ‘Tips for Nooglers Engineers’ par Piaw et ‘Le Management de Google,  moteur de son innovation’ par LaCroix.com

Immersion chez Google – Semaine 1

Comme vous le savez peut-être déjà, je suis chez Google depuis le 29 mars ou je bosse en tant que « Online Sales and Operations Account Manager ». Pour faire simple, il s’agit de fournir du support et conseils auprès de petits et moyens comptes pour Adwords. Le poste est un CDI basé au siège Europe de Google à Dublin. Je profite de mon blog pour partager avec vous mes premières impression sur cette (courte) semaine d’intégration.

L’environnement de travail

Google Entrance (c) Pedro Miguel MarzagaoLes bureaux sont situés dans le sud-est du centre de Dublin, à environ 20 minutes de marche du Temple Bar. Tout est fait pour que l’ambiance de travail soit plutôt relaxe et agréable à vivre : nourriture gratuite à tous les étages, deux cafétérias plutôt haut de gamme avec bar à sushis (entre autres), pleins de petit coins relax pour s’isoler. En fait, le truc vraiment agréable, c’est le fait que Google reconnaisse que l’open space c’est pas forcément très fun, et donc offre la possibilité de s’isoler; tant en fournissant un casque pour écouter de la musique, qu’en allant bosser assis sur un canapé.

Nous avons aussi accès à des salles de jeux, billards, babyfoot, cabines téléphonique pour appeler partout dans le monde (même sur les portables) etc etc. Pleins de petits trucs qui rendent la vie à Google plutôt sympa.

Je suis arrivé en même temps qu’une trentaine d’autre nouveaux Googlers, ici appelé « Nooglers », des quatre coins du continent. Comme je l’ai souvent entendu ici : « tes premiers mois en tant que Noogler, c’est comme un échange Erasmus, sauf que en plus, tu es payé ». J’ai en effet, maintenant un emploi du temps plutôt chargé en formation sur les différents produits. La journée ressemble donc à : petit dej (chez Google, oui ils font aussi les petits dej), formations toute la journée, et puis vers 6h30 sortie pour prendre un pot. Un vrai Eramus, je vous disais !

The Google Way, une impressionnante culture d’entreprise

Au bout d’une semaine d’intégration, on comprend vraiment que Google est un peu comme une grande famille. Tout ce qu’on fait est par défaut accessible à toute l’entreprise : objectifs personnels, documents, profils etc. L’entreprise comprend aussi une foultitude de projets géré par les employés, du cours de Taekwondo à la mission humanitaire. Les process sont apparemment les mêmes dans chaque pays. Même organisation des équipes, bâtiments etc… un employé peut en théorie accéder à tous les bureaux de Google avec son badge : Ain’t it cool ? Free Food all over the world.

L’un des élément les plus frappant en arrivant chez Google, c’est le fait que l’ensemble des logiciels utilisé par le grand public, est aussi utilisé en interne. Ou l’inverse : le publique utilise des services à la base conçus pour répondre à un besoin interne. Ainsi, nous utilisons, avec leurs avantages comme leurs inconvénients Gmail, Calendar, Groupes, Sites etc. Du coté des avantages, rien n’est vraiment installé sur les machines, il est donc possible d’avoir un PC, comme un Mac, ou même GNU-Linux. Étant un aficionados de Gmail, c’est un véritable plaisir d’utiliser Gmail comme messagerie principale. Je ne connais pas beaucoup d’entreprises utilisant Google Aps, c’est pourtant une véritable libération de mettre Outlook à la poubelle.

L’intégration permet aussi de comprendre un peu plus la stratégie de Google. Si Google propose autant de services variés, notamment aux USA, c’est en fait pour faire pousser l’arbre sur lequel il est assis. Par exemple, en lançant Google Chrome (le navigateur) l’objectif n’est pas de prendre des parts de marchés à Microsoft (ou même Mozilla) mais bien de redéfinir les priorités de développement. Google à besoin que les pages s’affichent plus vite pour que ses nombreux services en ligne fonctionnent et, étrangement, l’argument clé de chrome c’est la rapidité. En conséquence, aujourd’hui, tous les navigateurs se battent pour afficher les pages le plus vite possible, et donc Google a réussi son coup, même si chrome stagne à 1% de pdm.

Si vous y réfléchissez bien, l’objectif d’Android c’est bien que les OS mobiles proposent un navigateur ouvert, plus que de concurrencer Google. Pareille pour la fourniture d’accès à internet ou l’électricité etc etc. Plus le gâteau de l’internet sera grand, plus la part de Google sera large. L’objectif est donc bien de donner accès aux web à un maximum de personne sur la planète, qui probablement consommeront des services Google.