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Vous travaillez chez Google?? J’ai lu dans LeMonde que…

Haaaa vous travaillez chez Google ??!! alors c’est comment ? J’ai lu dans LeMonde que Google espionne toutes nos données et travaille avec la CIA? Ca marche bien comme entreprise Google ? Comment vous gagnez de l’argent ?

Comme beaucoup de mes collègues, j’ai toujours une appréhension lorsqu’un inconnu me demande pour quelle entreprise je travaille. Cela passerai pour de la fausse modestie mais c’est plus de la fainéantise : Je me contraints volontiers à éclairer certaines zones d’ombres et d’incompréhensions. Cependant, étant passionné et relativement professionnel, la discussion devient vote longue et technique dans un contexte qui n’est pas forcément idéal (soirée, aéroport, train…)

Aujourd’hui, après une nuit expédiée au Novotel d’Hyderabad (en Inde); je m’affale sur mon siège pour un vol de neuf heures  direction Londres. Deux minutes et vla-ti-pa que la première question de mon voisin est:

- Vous étiez à Hyderabad pour le travail? Vous travaillez ou?

– Oui pour le boulot et du tourisme aussi. Je suis responsable de compte dans une boite web.

N’étant clairement pas motivé pour engager une discussion, mais le bougre est coriace et demande des précisions car, il bosse dans le domaine. A ce moment, je pense que ce trajet va être très long car mon accoudoir gauche ne me lâche plus et m’achève au bout de 20 minutes m’achève avec une question inattendu, car pertinente :

Avec vos 4 ans chez d’ancienneté c’est quoi, selon vous, la chose qui fait la force de Google ? #entretien d’embauche

Celle la, c’est une première! J’ai donc passé une heure pendant le trajet (entre plateaux repas, films et siestes) sur les spécificités de la culture Google versus le reste du monde.

Etonnement, après 4 ans au sein du bigG, ce n’est pas l’innovation, les capacités technologiques, ou les parts de marché qui me sont venus à l’esprit. Google fonctionne certes très bien, mais tout cela est relatif et variable.

La force de Google (selon moi) est l’importance que l’entreprise accorde à la diversité de sa force de travail. Cette Diversité combinée à une culture d’entreprise très forte, est un atout indéniable.

Google comprends 18 groupes d’employés, qui traitent tous de différentes thématiques liés à la Diversité : Women@Google, Greyglers (employés seniors), Gayglers (LGBT), BlackNetwork, mais aussi des sujets plus précis comme Accessibility (mal-voyants/mal-entendants) et bien d’autres.

L’entreprise considère que la Diversité (avec un grand D) de ses salariés doit représenter celle de ses nombreux clients/utilisateurs. Si nous prenons en compte l’omniprésence de l’entreprise à travers le globe, c’est un objectif colossal. Malgré tout, cette Diversité est un objectif clair donné par les fondateurs de l’entreprise à l’ensemble du Management.

Ces groupes sont ici pour donner une voix aux minorités, remonter des problématiques (à la direction, RH ou aux chefs de produits), embaucher, retenir et développer les Googlers. Ces groupes sont gérés par les employés directement (non par les RH) et qu’il ne faut pas forcément être une femme pour faire partie de Women@ ou gay pour les Gayglers. Les alliés, sponsors et amis sont tous bienvenus.

De mon côté, j’ai commencé doucement en donnant un coup de main pour refaire le site interne des Gayglers, puis pour organiser des événements interne, puis finalement organiser la représentation de Google à la Pride  de Dublin: 400 Googlers en 2013, un char, de la musique et des goodies. Un joyeux ensemble ou quelques employés décident d’organiser un événement  qui impact directement l’entreprise, tant in interne qu’en externe.

Au fil des années, j’ai réalisé que le temps investi (forcément en extra hours) était dérisoire par rapport aux acquis:

  • Les problématiques d’intégration des minorités dans l’entreprise sont communes à toutes
  • Une personne qui est acceptée par ses collègues et son management est beaucoup plus productive
  • L’énergie positive généré par cette personne sur ses collègues à un impact positif 10x
  • Le diable se cache dans les détails et les groupes de minorités sont la pour identifier les faux pas
  • Avoir des membres actifs dans une minorité fait un effet boule de neige et aide d’autres employés à s’émanciper.

La liste est longue et il y a beaucoup à dire sur le sujet !

Départ pour Leeds

Leeds Corn Exchange

Après plus de trois années chez SMB services, au service des petites et moyennes entreprises utilisant Google AdWords, je travaille maintenant en tant que représentant Google chez l’un de nos sous-traitant, à Leeds en Angleterre.

Je laisse donc l’équipe de support AdWords avec qui j’ai passé des moments formidables. Peu de gens le savent, mais Google emploi un nombre considérable de personnes afin de conseiller ses clients sur les nombreuses solutions publicitaires disponibles. Tout ne se fait pas automatiquement, et je vous confirme que nous passons en moyenne 80% de notre temps à parler aux clients par téléphone, chat ou emails. Ce n’est pas une chose facile tout les jours, mais c’est capital devant la multitude d’options qu’offre le monde de la publicité en ligne.

J’ai vraiment adoré cette équipe car le travail y est varié, challengeant, et demande un esprit d’équipe constant. C’est aussi une expérience unique d’aider tous les jours, des petites entreprises à développer leur présence en ligne et obtenir plus de business.

Je rejoins aujourd’hui la branche External Telesales Operations (ETO) de Google, qui s’occupe de travailler avec des fournisseurs externes (sous-traitant) afin de proposer aux entreprises nos solutions pour développer leur business. Je passe donc du côté support à une branche plus vente (acquisition de client). C’est un changement important de compétences pour moi dans la mesure ou je vais devoir gérer la relation entre notre fournisseur, l’équipe Marketing de Google, l’équipe Revenue, et mon management.

Beaucoup de personnes me demandent pourquoi je vais m’isoler à Leeds… c’est une bonne question. Au cours de ces trois dernières années, j’ai aussi construit une bonne experience dans la gestion de la relation avec  les partenaires de Google. En postulant au poste, cela m’as paru complètement naturel, je dirais… évident. Ce genre de ‘gut feeling’ qui pousse à prendre une décisions sans vraiment y réfléchir.

Je suis tout excité de cette nouvelle aventure et triste tout de même de quitter Dublin, qui est vraiment une ville que j’apprécie.  J’y ‘ai vécu 3 années de folies dans un bureau avec une ambiance  unique, avec des super collègues et amis.

La suite au prochain épisode !

Postuler chez Google, la suite

Après le succès de mon premier article sur les conseils pour postuler chez Google et de nombreuses questions envoyées par email ou autres médias sociaux; je souhaite apporter de nouvelles informations. Ces informations sont tirées de mon expérience personnelle et en aucun cas certifiées par Google.

Le minimum requis pour postuler

Comme vous pourrez le voir sur Google.com/Jobs si vous n’avez pas le niveau d’étude demandé, il faudra compenser par des années d’expériences. En France, nous avons beaucoup d’études supérieures, le niveau est donc plutôt élevé. Si vous n’avez pas un Master ou bac+5 équivalant, cela devient très compliqué.

Aussi, encore une fois, j’insiste sur l’importance d’avoir un niveau d’anglais courant pour postuler. Les premiers entretiens sont en général avec des RH irlandais, donc accrochez vous :).

Après quelques années d’expériences, est-ce toujours aussi génial ?

Pour être honnête, mes attentes étaient plutôt élevées en arrivant il y a trois ans. Comme dans tous les boulots et entreprises, il y a des hauts et des bas, mais je n’ai jamais été déçu. J’ai eu la chance de travailler dans d’autres entreprises avant, pas forcément aussi fun et au petit soin pour leurs employés.

Il est important de préciser qu’en recrutant des profils qualifiés dès la sortie des écoles, les attentes sont hautes chez les employés comme chez l’employeur. Il faut donc être compétitif et ne pas avoir peur d’être régulièrement mis à l’épreuve et noté.

Puis-je postuler à plusieurs offres ?

Oui, si votre coeur balance entre deux ou trois offres, c’est possible. Cependant, pensez à pouvoir expliquer pourquoi vous les avez choisies ainsi que leur cohérence.

Est-il possible de faire un stage, une césure ou une alternance ?

D’une manière générale, si vous reprenez les études par la suite, vous êtes éligible pour un stage (sinon autant postuler pour un job). Google propose des stages d’été, généralement pour trois ou quatre mois, pas plus. Je n’ai jamais rencontré de personnes ayant fait des alternances, ce n’est pas vraiment pratique pour une entreprise comme Google. Pour les césures, c’est comme un long stage, donc cela ne pose pas de problème.

Les cas de conversions, d’un stage en emploi sont très rare, dans la mesure où il faut repasser l’intégralité du processus d’entretien classique.

La lettre de motivation est-elle obligatoire ?

Contrairement à nos traditions françaises, nos amis anglo-saxons ne sont pas des psychopathes de la lettre de motivation. Donc pas besoin de passer une demi-journée à faire une lettre manuscrite potable. Cependant, je vous invite à préparer un email simple et efficace pour vous présenter.

Est-ce que je peux postuler à des jobs Parisiens ?

Oui, mais les places sont plus limités qu’au siège européen à Dublin. Dublin est connu pour embaucher un grand nombre de « post-graduate », c’est-à-dire des gens qui viennent de terminer leurs études. Paris à une population plus âgée, donc plus expérimentée.

Voilà, si vous avez d’autres questions, je vous invite à les laisser dans les commentaires et sinon rendez-vous sur Google.com/Jobs pour plus de détails.

Avec Chromecast, quel avenir pour GoogleTV ?

Cet article est mon point de vue personnel, et ne représente en rien celui de mon employeur (Google)

Selon moi, Google est l’un des premiers à avoir vraiment compris le problème de la TV connectée: des tonnes d’appareils mobiles ou non, sur différents systèmes d’exploitations qui veulent accéder à un contenu varié et pas juste à une place de marché: jusqu’à présent, toutes les solutions étaient liées à une application (iTunes), un appareil (FreeBox, LiveBox, XBOX) ou technologie (AirPlay, Samsung, Miracast).

Chromecast permet de diffuser le contenu d’un téléphone, d’une tablette ou d’un ordinateur sur une TV. La nouveauté n’est pas au niveau technologique, mais plus au niveau logiciel. Le côté magique, c’est que 90% des Mobiles et Tablettes Android actuellement en circulation vont pouvoir disposer de cette fonctionnalité dans la mesure ou le système fonctionne à partir de GingerBread.
Chromecast dongle

Une solution pour toutes les plateformes, et pour tous

Android étant un produit Google, Chromecast fonctionne déjà sur les différentes applications Google: Music, YouTube, Movies… et les autres applications du PlayStore vont vite s’aligner dans la mesure ou une SDK et API sont disponibles. Par exemple Netflix est prêt.
Chrome joue aussi un rôle considérable. Le navigateur de Google est présent sur un nombre de plateforme rare pour un navigateur: Android, iOS, Windows, Linux, MacOS. C’est ainsi le navigateur internet le plus utilisé dans le monde.
Grâce à une extension, il est possible de diffuser sur votre TV n’importe quel contenu visualisé depuis votre navigateur préféré. Ainsi, Google couvre une énorme partie des ordinateurs, tout en poussant son navigateur.
Le pari, c’est qu’en rendant les contenu facilement partageable sur une télé, les utilisateurs vont passer encore plus de temps sur les produits Google: Chrome (pour les PC), Android, YouTube etc… mais aussi les autres applications compatibles ce qui n’est que bénéfique pour les services de contenu en ligne.
C’est clairement une approche différente de GoogleTV, mais qui en fin de compte, revient à la même chose d’un point de vue consommation des services Google. Le positionnement de GoogleTV est beaucoup moins pertinent d’un coup.
Avec 35$ et une connexion WiFi solide, vous devriez pouvoir diffuser sans fil a peu près tout et n’importe quoi. A ce prix là, Google frappe fort !

Un changement d’usage

L’autre côté magique, c’est que cela revient à avoir un deuxième écran disponible pour n’importe quel appareil. Contrairement à AirPlay, Chromecast fait fonctionner les deux écrans indépendamment. Vous pouvez donc laisser le téléphone en veille, ou consulter d’autres contenu.
Il serait donc techniquement possible de jouer à un jeux Android sur sa TV, tout en gardant son téléphone comme manette de jeu, ou deuxième écran (en mode WiU). La question est donc quels sont les usages proposés par les développeurs et ceux adoptés par le public.
Par exemple, les applications et sites e-commerce pourront utiliser la TV pour de plus grands visuels, tout en laissant le caddie dans les mains du client. Pourquoi en pas lire un livre, ou consulter un journal sur sa TV aussi.
Cela change aussi la donne pour les créateurs de contenu et les distributeurs. Je vous invite à lire la liste des implications de ce lancement selon Jeff Jarvis (en anglais).
Le produit devrait arriver en France rapidement (quelques semaines) sur Google Play et j’imagine Amazon, à 35$ (35€?) c’est un produit à tester rapidement!