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Le Libre avec Richard Stallman, fondateur du mouvement

Richard_StallmanLe 14 Janvier 2010, Richard Stallman est venu pour une conférence à Grenoble Ecole de Management. Je n’avais jamais entendu parler de ce personnage, mais c’est apparemment une sacré pointure et surtout une bible vivante de l’informatique et de l’univers du Libre (étant à l’origine de ce mouvement).

Je vous propose un résumé de la conférence, des problématiques soulevées et des points les plus intéressants abordés par RMS (son surnom).

Les 4 libertés de Stallman

Le Libre c’est la Liberté, l’égalité et la Fraternité; trois mots que Sarkozy n’aime pas beaucoup !

Pour caractériser un programme comme Libre, il faut qu’il respecte les 4 libertés que Stallman défini comme suis:

  1. Liberté 0 : D’utiliser le programme pour toutes les raisons (any reasons)
  2. Liberté 1 : Etudier comment marche le programme, et le changer pour en faire ce que vous voulez (qu’il fasse). L’accès au code est donc une nécessité
  3. Liberté 2 : De redistribuer des copies (du programme modifié) afin d’aider ses voisins
  4. Liberté 3 : De distribuer des copies de votre programme modifié au monde entier, et ainsi aider l’ensemble de la communauté en donnant accès à votre code.

RMS a pris le temps de bien expliquer ces lois, qui permettent de faire la différence entre des termes souvent mélangés. En fait, beaucoup de logiciel ou systèmes d’exploitations sont considérés comme libre, ne respectent pas ces conditions. Pour comprendre ces variantes, il faut revenir sur quelques définitions.

GNU, Linux, l’Open Source et les logiciels privateurs

Pour vendre leurs solutions privatives, les géants de l’époque ont créés en 1998 le terme Open Source. Un terme moins engageant, car ne portant pas la philosophie du Libre. Les Applications sont souvent payantes, le code est toujours accessible, mais ils ne laissent pas les utilisateurs modifier ou partager le code avec d’autres internautes. Ainsi, l‘Open Source n’est pas forcément Libre.

heckert_gnu.smallLa différence entre Linux et GNU (prononcer Guenou) est assez fine. Pour la faire courte, dès 1983, Stallman décide de créer un système d’exploitation libre de fonctionner sur tous les types de plateformes/d’ordinateurs; un OS interopérable. GNU signifiant GNU is Not Unix, l’un des premiers OS multitâche, dont dérives notamment Mac OS X.

Stallman développe rapidement avec une communauté l’ensemble des fonctionnalités du système, seul le noyau (aussi appelé Kernel) reste à la traine. C’est là qu’intervient Linux, en 1991, lorsque Linus Torvald développe en un an, un noyau stable. Il est plus approprié d’utiliser le terme « GNU-Linux » pour définir des systèmes utilisant le noyau Linux avec un univers GNU.

RMS a utilisé pendant toute la conférence (en Français), le terme de « Logiciels Privateurs ». Logiciel propriétaire dans l’optique du libre ne veut rien dire, dans le mesure ou la notion même de propriété est faible. Il préfère donc le néologisme « privateur » dans l’idée que ces logiciels retirent les libertés sus-cités.

Le logiciel libre dans le monde de l’éducation

La partie la plus intéressante de la conférence, reste probablement sa vision du Libre dans le monde de l’éducation. Stallman compare la stratégie des éditeurs de logiciels (avec une allusion à peine voilée à Microsoft) à un première dose de drogue gratuite. L’idée est de créer une dépendance aux logiciels privateurs dès le plus jeune âge, afin que plus tard ils demandent ces logiciels dans l’entreprise.

L’école a une mission sociale d’éduquer des citoyens libre en partageant la connaissance. Le logiciel privateur  est l’ennemi de l’éducation dans la mesure où il ne favorise pas ce partage de la connaissance.

En tant qu’étudiant à GEM, je ne peux que confirmer cette stratégie, ayant accès au service MSDN de Microsoft. L’ensemble des étudiants ont accès gratuitement à de nombreux programmes MS comme Project, Visio ou même Windows 7. Ajoutez à cela une version d’office à 35 €, l’argument de la gratuité d’Open Office ou Ubuntu ne tient plus vraiment la route.

Stallman met en avant le fait que l’éducation  nationale n’as pas le budget pour se payer des Licences. De plus, il n’y a pas de raisons de favoriser une entreprise comme Microsoft, alors que d’autres solutions sont entièrement gratuites.

En conclusion…

Stallman est évidement un excellent évangéliste du Libre. On ressort de la conférence avec l’envie d’installer Ubuntu sur les machines du monde entier. Je regrette cependant que la conférence ai été très tourné sur le passé et moins sur l’évolution du Libre. Pourtant des questions ont été posées, notamment sur le SaaS. Il est évidant qu’une majorité de logiciels légers et libre seront amenés à disparaitre ou devenir des services en ligne. J’aurais bien aimé que Richard donne son point de vue la dessus : la philosophie du Libre peut-elle s’appliquer à des services ? Et si non, peut-elle changer et s’adapter ? Vous en pensez quoi vous ?

Plus d’infos sur le site GNU.org et de la Free Software Fondation

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Les Créateurs de Possibles, en mode Démocrati-E ?

logo-les-createurs-possiblesL’UMP a lancé cette semaine un nouveau site intitulé : les créateurs de possibles (CDP). L’annonce a fait pas mal de buzz, avec comme d’habitude des pros et antis. Le sujet est d’autant plus sensible qu’on y ajoute l’aspect Politique. Personnellement, au-delà de toute considération de partis, c’est l’initiative qui m’intéresse. Je ferai la même chose pour le jour ou le site communautaire du PS « la CooPol » sortira.

Pour quelle finalité ?

Officiellement, la plateforme se définie comme un « réseau d’action citoyen qui permet de créer des initiatives et de mettre en place des actions concrètes ». L’idée est donc de favoriser l’action plus que le débat. Il est donc possible de proposer des dates de réunions, et de suivre l’état d’avancement d’une l’initiative.

En analysant un peu, le mobile d’un tel site parait évidant : Le Net est un outil idéal de crowd-sourcing, une notion indispensable pour comprendre ce dont un électorat à envie d’entre parler. On sait qu’Obama a été élu notamment grâce à l’utilisation massive des réseaux sociaux, pour lever les fonds et pour générer des débats ou initiatives. Même si on est loin d’un Change.gov ou MoveOn.org, le « Créateurs de Possibles » pourrait être un coup d’essai pour 2012.

S’il marche, ce sera un bon moyen de vendre l’idée d’une démocratie participative pour 2012. Sinon, dans le cas où le site dérape et devient incontrôlable (modération ou bad-buzz), certains blogueurs pensent que  l’UMP aura un nouvel argument pour montrer l’irresponsabilité et la dangerosité du Net, et donc de le museler. Et dans ce cas, adieu E-Démocratie à l’UMP.

Cela vas t’il marcher ?

Probablement pas. Attention, je serai enchanté du contraire ! Aujourd’hui, selon 20 minutes, le site compterai seulement 1500 inscrits, 60.000 pages vues et 6.000 visiteurs, dont je pense, une grosse majorité de curieux et de testeurs. A 500 000 euros le site (développé par Isobar), cela fait cher du Lead; ça ne cartonne pas vraiment.

En fait, le site fait face à un paradoxe profond : un lancement volontairement discret alors que pour être efficace il aurait fallu une véritable campagne de communication et un soutien complet du parti. Pas ou peu, de fanfare afin d’éviter de trop lier le site au parti et minimiser un éventuel flop. CDP a juste bénéficié d’une avant-première avec quelques « blogueurs influent » afin de répandre la bonne nouvelle sur la toile. Cette stratégie est bancale dans la mesure ou les blogueurs, influent ou non, sont en ce moment plutôt à vifs : un Parti et un Président qui parle de filtrage du net, de taxe Google, et défend fermement Hadopi n’as pas toute les cartes en main dans la blogosphère. Et logiquement, il suffit de suivre le flux #CDP pour voir que ça balance pas mal.

Un site bien… mais pas top

  • Le Nom « Créateurs de Possibles »

Honnêtement, je ne comprends pas. Selon Cédric Deniaud, le nom est une référence à Slogan de la campagne 2007   »Ensemble tout devient possible ». Le site étant destiné au grand public, cela me semble trop initié. Créateur de Possibilités aurait été plus explicite et Français. Au passage d’autres domaines sont déjà présents et n’ont rien à voir. Le référencement naturel aurait dû être plus optimisé. Disons qu’avant de lancer un produit, il faudrait être en premier, au moins, sur le nom de la marque dans Google.

  • Une interface bien pensée mais avec des incohérences

A première vue, tout semble présent : Facebook Connect, partage sur les réseaux, interface sobre et moderne. Il y a donc eu un bon travail de simplification d’une interface qui, dans ce genre de réseaux, devient vite très chargée. Il faut donc saluer le travail effectué sur l’accessibilité et la simplicité de prise en main.

Cependant, après créé et participer à plusieurs initiatives des incohérences remontent. Les filtres ne sont pas efficaces, Après inscription à une initiative, elle apparait toujours dans la liste ou suggestions, le fenêtrage est bien trop petit à mon gout. CDP manque aussi cruellement d’aspect communautaire, comme le souligne bien Stan: Pas de profils certifiés, pas de classement des contributions/contributeurs. Autant de défaut qui demanderait à être corrigés pour rendre le site plus performant.

Pour conclure…

Encore une fois, je salue l’initiative, et la prise de risque. J’espère que le site marchera (même si j’en doute fortement); et j’invite d’autres partis et personnalités à ce prendre au jeu et y participer. La France a besoin de comprendre que le Net a du bon, et que, un grand volume de profils diversifiés ne peut apporter que des bonnes idées : c’est l’intelligence des foules.

Plus d’infos : La genèse du projet et l’anlayse de Read Write Web et d’AgoraVox. A lire aussi l’analyse complète de NetPolitique.

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